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 Une faim de Loup

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MessageSujet: Une faim de Loup   Mer 9 Déc - 20:26

Quelle vie.
Oui, la nouveau rythme de vie de Cheyenne était agréable, cependant là où celle-ci se déroulait l'était nettement moins. Alors que la porte de la maison de banlieue s'ouvrit, la jeune femme qui portait dans ses bras un petit garçon blond aux yeux vert marcha rapidement vers un gros pick up rouge garer devant le garage et posa son regard sur le voisin occuper à arroser sa pelouse de si bon matin. L'homme pivota le visage et observa la sombre indienne au look qui faisait tâche dans le paysage alors qu'elle sourit, levant une main en lâchant gentiment.

« Bonjour Monsieur Loyd ! »

Il ne répondit pas, se contentant de la fixer froidement, comme chaque matin. Comme chaque voisin. Évidemment, cette femme tatoué, habillé de façon rebelle faisait pus que tâche dans cette banlieue... Mais Jake avait voulu offrir un endroit discret et agréable pour élever Noah, et sans condition, elle l'avait suivit ici.Mais voilà, trois ans déjà que Otisburg la rendait malade, rien que de voir toutes ces maisons aligné, ces gazon tondu et parfaitement entretenu.. Jamais Cheyenne n'aurait penser dire ça un jour mais... Park Row lui manquait. Rapidement elle ouvrit la portière et installa son fils dans le siège auto avant de l'attacher et sourit au petit garçon à la mine fatigué et souffla.

« Oh mon cœur, tu es mal réveillé, hein ? »

L'enfant ne répondit pas, se contentant d'attendre en fixant sa mère qui prit place à ses côtés, démarra le véhicule et prit la direction de l'école maternelle du quarter. Une journée comme une autre. C'est finalement en fin de matinée qu'elle reçu un appel de l'école pour signaler que le petit garçon n'était pas bien. La femme revint chercher son enfant dont la mine n'était pas meilleur et inquiète, elle le ramena au domicile avant de venir le glisser dans un bain mais Noah n'ouvrit pas la bouche. Qu'avait-il donc... ? Malgré son jeune âge, il était un enfant expressif et éveiller, mais là... Quelque chose n'allait pas. Assise sur le rebord de la baignoire, Cheyenne caressa les cheveux de son fils et souffla.

« Chéri... Tu as mal quelque part ? »

Pas de réponse. Il fut finalement arracher à son bain, sécher puis habillé avant d'être installé sur le canapé devant des dessins animés. Une bonne heure passa et quand Cheyenne réalisa que Noah n'allait pas mieux. Fiévreux, le petit garçon était amorphe sur le canapé, cheveux humide collé au visage et la respiration sifflante.

« Oh mon dieu, Noah... »

Sans attendre la garagiste saisit son garçon, le serrant dans ses bras et frotta son dos. Brûlant... épuisé. Il fut bien vite installé dans son lit et Cheyenne se saisit de son téléphone pour prévenir son compagnon. La sonnerie dans son oreille sembla duré une éternité. Aucune réponse. Elle tenta une fois encore, toujours rien. Bon sang, mais qu'est-ce qu'il faisait pour ne pas répondre au téléphone ?

« Jake, Noah est malade... Quelque chose ne va pas et je commence à être inquiète, s'il te plaît appel moi dès que tu le peux. »

Mécontente de le savoir injoignable et toujours inquiète de la raison qui faisait que, la jeune femme rumina dans son coin, tournant en rond dans le salon. Avec Jake elle n'était jamais sûr de rien, sans doute était-il encore entrain de chasser quelque part sous les ordres du bon vieux Carmodi. Nerveuse, Cheyenne retourna auprès de son fils, thermomètre en main et s'empressa de prendre sa température... Lorsque le chiffre apparut, la wendigo s'indigna. 39,2° de fièvre, c'était plus qu'inquiétant, surtout pour un enfant de son âge. Et hors de question de l'emmener à l’hôpital, si le moindre teste sanguin était fait... Elle ne donnait pas cher de leur peau à tout les trois. Le téléphone fut reprit et à nouveau elle tenta de joindre Jake... Aucune réponse. Nouveau message sur le répondeur...

« Jake.... Noah ne va vraiment pas bien, il a beaucoup de fièvre et je ne sais pas quoi faire... je t'en pris décroche c'est urgent.... »

Les minutes défilèrent affreusement lentement. Cheyenne était à deux doigts de la crise de nerfs, les larmes aux yeux elle agitait son téléphone, écoutant la respiration difficile de son garçon dans la pièce d'à côté. Tant pis, il fallait prendre des mesures et vite. Elle s'approcha du buffet et ouvrit les tiroirs, fouillant d'un geste colérique dans chacun d’entre eux. Qu'avait-elle donc fait de ce fichu numéro ? Bien que Jake la tenait à distance de Carmodi, il lui avait laissé le numéro en cas d'urgence... Là, c'était un cas d'urgence. Quand elle fini par trouver le papier, elle tapa bien vite le numéro, attendant que voix réponde et elle lâcha.

« Père Carmodi? Bonjour, c'est Cheyenne... Euh... la compagne de Jake. »

Le silence brutale à l'autre bout du combiné lui colla une boule à l'estomac. Elle était prête à parier que Carmodi avait déjà la main sur une arme rien qu'à entendre sa voix. Soupirant, elle murmura.

« Écoutez... Jake m'a dit de vous appelez en cas d'urgence et.... Je... Il ne réponds pas sur son téléphone.... Mon fils est malade. IL n'ets pas censé pouvoir tombé malade et je ne peux pas l'emmener voir un médecin.... Je vous prie mon père, je ne sais pas quoi faire, sa température grimpe à une vitesse alarmante et... »

Sa voix devint tremblante. Cheynne pivota doucement, appuyant son dos contre le meuble et baissa le visage Ne pas pleurer, ce n'était pas digne d'elle, la Bête.

« S'il vous plaît... Il est très malade et je ne sais pas vers qui me tourner. »
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Mer 9 Déc - 23:19


❝ Ezekiel Arturo Carmodi - The Pilgrim ❞

Le devoir de l'ordre ne s'étendait pas qu'au cœur des terres saintes. Bien au contraire, la rose viendrait à fleurir les tombes des lieux impies. Elle tendra toujours à percer de ses épines le cœur du malin. Depuis qu'il avait pris la décision de prendre sous son aile cette brebis égarée, de lui offrir un nouveau but, Ezekiel n'avait que très rarement quitté les Amériques. Cette terre de perversion, où la foi était clamée à tout les coins de rue en vain, et sans l'ombre du bon sens pieux des Catéchumènes. Même de cela, ils n'étaient pas dignes. Le père Carmodi arpentait ce monde depuis bien trop longtemps, et aujourd'hui son dévolu venait à se porter sur la cité sombre, Gotham. Comme la mort tissant sa funeste toile, il était l'un des bras vengeurs du seigneur, sa voix, sans jamais n'oser faire ombrage au Métatron. Le sang coulerait aujourd'hui, encore. Mais jamais en vain.

Aussi étrange que cela puisse paraître, et contre tout possible cliché. C'est bien loin de la maison de dieu que le prêtre reçu la visite de son protéger. Non loin de la banlieue des insectes, ce trou béant où pullulait un nombre incroyable d'engeances, Carmodi s'était installé sur un banc. Le regard figé sur les barricades qui avaient été montée là. Jake salua son aîné de la manière la plus singulière et respectueuse qui soit avant de prendre place à ses côtés. Carmodi aurait eu toutes les raisons du monde de le défaire ces trois dernières années, et pourtant... Il avait défié le wendigo de tenir sa parole, et sa nouvelle famille. Le homme fit glisser entre eux deux une sorte de dossier. Aucun nom, aucune étiquette. Un simple tampon rougeoyant dans le coin supérieur gauche à l'effigie d'une rose.

" Va mon fils... Deus servabit te."

Dans un silence pesant, le chasseur se vit arborer un regard plus sombre, plus froid. Quand le devoir appelait, il ne pouvait se permettre de laisser place à l'homme. Carmodi le lui avait dit, pour tuer un monstre, il faut savoir en devenir un soit même. Il n'aurait pas pensé que son disciple ne vienne à prendre ce conseil au pied de la lettre... Mais soit. Jake s'empara du dossier, et clôturant cette échange de la même manière que son mentor, s'éloigna de leur lieu de rencontre.

◘ ◘ ◘

En plein cœur de la souillure, c'était là que les hommes de Dieu savaient leur place, et prouvaient leur véritable valeur. L'homme qui se tenait aux pieds de Carmodi, la mâchoire pissante de sang avait commis l'erreur de travailler pour la mauvaise personne. Il s'était proclamé gourou d'une pseudo secte qui visait à la suprématie de la métahumanité. Pensant que Gotham et ses vices ne seraient pas de trop pour camoufler leurs méfaits, ils s'y étaient terrés comme des rats. Fourvoyant de jeunes âmes avec leurs bavures abjectes. N'hésitant pas à faire couler le sang dans de sombres rites pour rendre cela plus crédible encore. Un païen rongé par la folie. Le prêtre réclama des noms une première fois, ce à quoi il n'eu en retour que la salive ensanglantée de l'homme sur le bas de sa soutane. D'un geste vif, il l'empoigna, le soulevant comme un fétu de paille avant de la plaquer lourdement sur le bois de son bureau de bois. Ecartant les pans de son lourd par-dessus noir, il en sorti deux dagues qu'il vint planter dans chaque mains de sa proie. Il commença à réciter alors quelques versets, en latin, quelque chose de presque inaudible. Ce qui eu le dont de rendre nerveux le type, surtout quand son assaillant commença à dessiner une croix à l'eau bénite sur son front.

"... Je... JE CROYAIS QUE DIEU PARDONNAIT TOUT SI ON LE LUI DEMANDAIT !!? "

Carmodi cessa de psalmodier alors qu'il extirpait de l'une de ses poches, une bible et un lot d'ustensiles métalliques, soigneusement rangés dans un bandeau de cuir. Il déroula ce dernier à côté de l'homme avant de braquer son regard dénué de toutes émotions dans celui de l'homme.

"... Dieu est miséricordieux. Je n'suis pas Dieu."

Ouvrant sa petite bible et laissant le pseudo gourou se débattre, Carmodi tendit l'une de ses mains, paume ouverte, au dessus du visage de ce dernier.

" Implore l'absolution de tes péchés. Demande à Dieu de t'absoudre. Dieu est constamment absoluteur et miséricordieux. Proclame la gloire et la louange de ton Seigneur et prie-Le de t'absoudre. Il accepte toujours le retour des repentis. Dieu n'est pas de nature à les soumettre au supplice alors que tu te trouves parmi eux et II n'est pas disposé à les y soumettre pendant qu'ils implorent Son pardon. Ceux qui, lorsqu'ils ont fait une action immorale ou commis une injustice envers eux-mêmes, se rappellent Dieu et demandent l'absolution de leurs péchés et qui ne persistent pas dans ce qu'ils ont fait en connaissance de cause..."

Alors qu'il entamait ses quelques versets à l'intention de l'homme, Carmodi extirpa une sorte de couteau à lame courbée de sa pochette de cuir.

"Au nom du père... Du fils... Et du s..."

C'est à cet instant précis que son téléphone cellulaire se mit à sonner. Laissant l'air de l'Ave Maria de Schubert envahir la pièce. Le prêtre soupira profondément, agacé en refermant sa bible d'une main, priant le type de l'excuser une petite seconde. Contre toute attente, ce fut la compagne de son disciple qui l'appelait à l'aide, lui. Il resta silencieux, attendant patiemment qu'elle n'expose la raison de son appel. Devinant un sanglot étouffé, il se garderait de l'assommer de possibles remarquer acerbes. Surtout que la question de ce pur sang malade ne lui annonçait rien qui aille.

" Je serais là dans vingt-deux minutes. Tenez l'enfant dans l'obscurité et ne laissez personne entrer en dehors de votre... Compagnon. Ou moi même. "


Froid, distant, Carmodi. Sur ces mots, il raccrocha le téléphone qu'il rangea dans la poche droite de son par-dessus. Vingt-cinq minutes, ce qui signifie qu'il en avait encore dix devant lui pour terminer ce qu'il était venu faire.

◘ ◘ ◘
Vingt-cinq minutes plus tard très exactement, le prêtre se trouvait devant la porte de Slatter. Une tâche de sang que l'on avait négligé à l'effacement sur la joue. Quand la porte s'ouvris, Carmodi n'arborait aucun sourire. Rien à part ce visage froid et meurtrier qui était le sien. Levant ses yeux bleus glacés vers la "louve", il entama de sa voix monocorde.

" Bonjour Cheyenne. Vous aviez demandé mon aide. Puis-je ? "

Lui dit-il en indiquant l'intérieur de la maison d'un signe de tête. Il attendit patiemment qu'elle l'y invite avant de bouger ne serait-ce qu'un orteil. Non pas qu'il la craignait. Elle avait beau être à l'aise avec sa bête, la tuer ne serait pas un problème. Tout comme le fait d'achever son apprenti. Mais Carmodi se savait être un chasseur, et dégager bien malgré lui une aura de prédation qui avait tendance à rendre nerveuse les créatures auxquelles il devait se frotter. Et cette fois-ci, il était question d'ausculter le petit de cette femelle. Il était préférable de se montrer courtois pour qu'elle le laisse œuvrer en paix. L'avoir dans les pâtes serait une véritable corvée. Quand il pénétra dans le salon, ses yeux se posèrent sur l'enfant qui semblait réellement mal en point. Du regard, il chercha l'approbation de la mère pour prendre place aux côtés du petit.

"Bonjour Noah. Je sais que je ne te plait pas, que tu ne m'aimes pas. Mais il va falloir me laisser faire si tu veux de nouveau retourner jouer avec tes petits camardes à l'école. Tu me laisse faire, et en échange, je te promets une surprise."

Une légère étincelle sembla s'embraser dans le regard livide du garçon. Tout enfant qui se respecte ne pouvait que "tiquer" à ce mot. Ce qui laissa un demi sourire marquer le visage de Carmodi qui le félicita même d'un "bon garçon." Le prêtre posa sa main sur l'enfant alors qu'il psalmodia à nouveau. " Per istam sanctam unctionem et suam piissimam misericordiam adiuvet te Dominus gratia Spiritus Sancti, ut a peccatis liberatum te salvet atque propitius allevet." Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l'Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu'il vous sauve et vous relève. Il posa une main sûre au niveau de ses petits poumons encombrés, de sa trachée, il pris également son pou. Puis le regard de l'homme s’assombrit à nouveau.

"Votre fils n'est pas malade Cheyenne. Il est juste entrain de mourir de faim."
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Jeu 10 Déc - 0:07

L'odeur... Nouvelle et subtile.
Rien à voir avec celle de Jake et pourtant, elle semblait familière, d'une certaine façon. Carmodi n'eut même pas sonner à la porte que celle-ci s'ouvrit doucement, tout juste. Cheyenne passa le visage légèrement, cachée dans les ombres de la maison alors que dans ses prunelles noir, une lueur ambré traversa ses yeux, disparaissant aussi vite qu'elle était apparut. Le sang sur la joue du prêtre attira aussi tôt son attention mais sans difficulté, Cheyenne refoula ses pulsions.ces trois dernières années auprès de Jake avaient été bénéfique et bien que ce n'était pas toujours facile, elle gérait nettement mieux sa faim et l'odeur du sang n'était plus qu'un poignard dans enfoncer dans son estomac ? Ainsi, c'était donc à ça que ressemblait le Père Carmodi.. Bien plus jeune que ce qu'elle avait imaginer et d'un charisme écrasant, la louve le fixa un instant, soutenant son regard alors que le voisin d'à côté, occuper à tailler sa haie les fixait bouche bée. Évidemment, un prêtre aussi sombre dans le quartier faisait tout aussi tâche qu'une garagiste au look de biker.

« Entrez. »

Lâcha t-elle simplement avant d'ouvrir la porte et de reculer pour laisser entrer le prêtre. Sans le lâcher du regard, la loue resta crispée, méfiante à l'extrême. Carmodi était l'incarnation même du danger pour les êtres comme elle et c'était un risque énorme qu'elle prenait. Mais Jake avait confiance en lui et Noah était au plus mal... Que voulait-elle faire d'autre ? Elle le guida jusqu'au salon où l'enfant était allongé, un petit plaid le recouvrant et une peluche dans les bras. IL faisait peine à voir.... Cheyenne soupira, croisa les bras sur sa poitrine et souffla simplement.

« Ce matin il était très fatigué, je ne me suis pas inquiété plus que cela, je me suis dit que c'était passager... Et puis sa maîtresse m'a appeler pour me dire qu'il n'était vraiment pas bien... Une fois à la maison son état à empiré à une vitesse affolante. »

On avait vu Cheyenne dangereuse, sensuelle, sûr d'elle-même... Mais voir une Cheyenne aussi démunie était une première. Mais cette fois c'était la vie de son enfant qui était en jeu, Khangee était déjà un fardeau lourd à porter... La louve soupira et observa la scène, c'est avec surprise qu'elle fut témoin d'une douceur toute particulière et contre tout attente, même elle sourit doucement. Comme rassuré, elle observait son fils, le prêtre et tout comme l'enfant, la peur disparu jusqu'à ce qu'il prenne la parole, annonçant à son grand étonnement la raison du mal être du petit garçon.

« Quoi... ? »

Cheyenne fronça les sourcils, plongeant son regard dans celui de Carmodi. Noah mourrait de faim ? Alors elle comprit de quelle nature était cette faim dont souffrait l'enfant et ce fut comme si le poids du monde venait de s'écrouler sur ses épaules. La jeune mère eu subitement l'air affligé et murmura au prêtre.

« Il.... On n'avait jamais éprouvé cette faim et...On nous a dit que.... sa première transformation n'arriverait pas avant la fin de son adolescence.... »

Lentement la femme s'approcha du canapé, s'agenouillant près du Carmodi et caressa les cheveux de son enfant qui leva vers elle un regard larmoyant. D'une main tremblante, elle caressa la petite joue brûlante et rougit de son fils et se força à sourire bien que des larmes coulèrent sur ses joues. La culpabilité à n'avoir pas sût anticiper les besoins de sa progéniture, d'avoir ainsi risqué sa vie...

« Nous n'avons rien... Pas avant demain. Et Jake ne réponds pas au téléphone, ce n'est pas dans ses habitudes.... »

Que faisait-il donc ? C'était tout aussi inquiétant. Relevant le visage, Cheyenne renifla faiblement, ravalant ses larmes et lâcha tout en tournant le visage vers Carmodi.

« Comment peut-il se nourrir alors qu'il n'a même pas de crocs pour déchiqueté la chair ? » Un instant de silence et elle esquissa un sourire forcé. « Évidemment.... moi. Son lien animal avec sa mère n'est pas rompu, c'est moi qui doit le nourrir... je dois chasser pour lui. »

C'était bien triste de devoir réaliser cela aussi tardivement. La louve passa une main sur son front, observant son petit garçon. Elle était tellement son enfant, pour rien au monde elle n'aurait voulu qu'il lui arrive quelque chose. Il était tout... Absolument tout. Il ne restait donc qu'un seul moyen de nourrir Noah... Levant le bras, elle ouvrit la bouche, dévoilant une rangée de crocs aiguisé et mordit brutalement son avant bras dans un grognement lupin et effrayant. Le regard d'ambre de la louve ne quitta pas l'enfant alors qu'elle secoua faiblement la tête pour arracher la chair à son bras. La douleur était atroce mais nécessaire et lorsqu'elle releva le visage, sa propre chair était coincé entre ses crocs, son menton ruisselant de sang alors qu'elle saisit la viande et le retira de sa bouche pour venir en fourrer un bout dans la bouche de son fils. D'abord l'enfant ne comprit pas, secouant la tête, refusant mais quand le sang glissa dans sa gorge, délicieux, chaud... Alors l'instinct prit le dessus et naturellement il mâchouilla la chair de sa mère, avalant morceau par morceau au fur et à mesure qu'elle le forçait à manger. La scène était dérangeante, cependant nécessaire. Noah finir par soupirer d'aise, repu et Cheyenne se releva, plaquant sa main valide sur son avant bras déchiqueté et tremblant puis elle contourna le canapé pour rejoindre l'espace cuisine et plaquer un torchon dessus. Le silence était pesant, difficile.

« Mon père, vous prendrez un thé ? »

Elle jeta le torchon et alluma l'eau du robinet, nettoyant ses mains tâchées de sang puis son visage et  mit de l'eau à chauffer avant de servir des tasses et entrouvrit légèrement le volet de l'espace cuisine et s'installa sur une chaise. A nouveau son regard affronta celui de Carmodi et la femme, avec le courage qui faisait tout son charme lâcha simplement.

« Merci pour votre aide... je suis désolé que vous ayez eu à voir ça... je sais que vous n'êtes pas un partisan de ce genre de chose... »


remuant la cuillère dans sa tasse de thé, la louve soupira doucement et haussa les épaules alors que sur le canapé, Noah avait fini par s'endormir, affaiblit par sa journée de jeun.

« Vous avez sauver la vie de Noah.... je sais que vous nous voyez comme des monstres mais... Nous sommes plus humains que vous ne pouvez l'imaginer. Nous nous sommes battu pour conserver cette humanité, mon père... Noah est... Tout pour moi. Il est le meilleur de moi. »

La voix brisée par l'émotion, la femme baisse le regard, fixant l'eau fumante de sa tasse. C'était étrange de parler ainsi à quelqu'un... Surtout Carmodi. Son visage se tordit dans une expression de tristesse et d'angoisse avant que des larmes ne coulent à nouveau et c'est avec un regard plus humain que jamais qu'elle fixa le prêtre, susurrant doucement, sanglotant.

« Merci d'avoir sauver mon bébé. »
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Jeu 10 Déc - 12:24


❝ Ezekiel Arturo Carmodi - The Pilgrim ❞

En bon bras armé, justicier de la foi. Ezekiel ne broncha pas devant l'écœurant spectacle que lui offrait la mère. Si elle l'avait laissé parler, il aurait probablement pu lui confier qu'à l'arrière de sa vieille voiture, semblable à un véritable corbillard, un mouroir sur roues, se trouvait le corps meurtri et froid de sa dernière proie. A l'énonciation de la maladie de l'enfant, le prêtre avant tout chasseur avait eu un doute, et préférait prendre les devants. De toute manière, le pisseux ne lui était plus d'aucune utilité après avoir parlé. Dieu reconnaitra les siens avait-il penser en se dressant face aux acolytes du mort... Elle avait vue juste effectivement. En tant que génitrice d'une bête, et comme partout dans le règne animal il était de son devoir d'apporter les suppléments nutritifs nécessaires à son gamin. Pour le prêtre, il était presque d'autant plus affligeant de penser que la bête n'ai eu ce reflexe. A trop vouloir être des hommes, les créatures païennes perdraient de leur instinct. Ils pouvaient clâmer à tout vent qu'ils étaient capables de sentir leurs congénères, d'être guidés par la soif de domination ou de procréation durant les chaleurs d'une femelle. Il n'en serait jamais plus rien. Entre humain et bête, entre bête et humain. Ces choses que même l'absolution ne pourrait sauver n'avait plus de place propre dans ce monde. Mais son apprenti et sa compagne - Dieu que cette image l'indignait, une femme et un homme. Un enfant et nul mariage - étaient aux yeux de l'homme qu'il était, pareils à une expérience. Il n'avait jamais vue de créatures capables de tenir leurs engagements. Parfois cela prenait des années. Un instant de fatigue, la vieillesse qui engendrait la maturation de la bête, la rendant toujours plus présente, plus forte. L'erreur pouvait être commise, et souvent quand l'hôte ne le désire pas. Il aurait peine à devoir abréger les souffrances de ces pauvres diables. Dans le fond, il commençait à se faire à la présence de son disciple. Mais la protection des Hommes était ce pourquoi il avait été éduqué et formé depuis son plus jeune âge dans les ordres.

La louve regagna la cuisine de la demeure, laissant l'enfant s'endormir, rassasié. Ce ne serait que de courte durée hélas. A cet âge là, ils ont toujours faim... Il déposa son regard de glace sur la petite chose. Puisse le seigneur avoir pitié de ton âme. Puisse t'il te montrer la voie Il n'était pas question d'attiser la haine de la mère, aussi, il ne lui témoignerait pas que durant sa jeunesse, les créatures comme son enfant, où celles engendrées par les maudits -car il y en avait- qui venaient à présenter ce genre de signes précoces, étaient passées par les flammes. Pour plus de précautions, c'était plus sûre. Il se souviendra probablement toujours de cette fillette qui devait avoir son âge, et qui sous ses yeux avait été dévoré par le feu sacré. Cela était allé si vite qu'il en aurait juré l'avoir imaginé, rêvé. Un regard ne s'oublie pas, il vous hante à jamais. Comme toutes les vies qu'il avait hôte jusqu'à lors. Durant ses nuits, et même le jour. Chaque voix, chaque hurlement, chaque supplication... Chaque visage. Il se souvenait de tout. Cette mémoire était une plaie, à moins que ce ne soit le sang versé qui jamais ne quittait ses mains. Par reflexe, il se frotta les jointures. Comme pour effacer l'invisible.

"... Avec deux sucres je vous pris."

L'ordre ne manquerait pas de lui faire payer cher la protection qu'il apportait à cette meute. Encore plus en sachant qu'il y avait un sang pur entre eux deux. Longtemps Carmodi s'était questionné sur la question, car Dieu avait pensé les hommes ainsi. Libre d'agir et de penser, quoi qu'on en dise. Etait-ce réellement la volonté divine que de nettoyer ce monde de ce que l'Escariote jugeait être l'engeance. On leur enseignait que la Terre était celle des hommes, et que toute chose était en droit de vivre. Paradoxalement, il fallait défendre la territorialité des Hommes face aux monstres qu'avait engendré croyances païens et rites insidieux.  Le prêtre écouta religieusement la louve lui expliquer son malheur, défendre son point de vue. A nouveau son regard se porta sur l'enfant.

" Il n'y a pas d'innocence Cheyenne... Seulement des degrés de culpabilités. Et les Hommes, tous sans exceptions possèdent corruption et vice dans leurs cœurs. Même les plus pieux. Vous, tout comme votre compagnon ou votre enfant n'êtes effectivement pour ce monde que l'engeance qui a succombé bien malgré elle au malin. Mes frères et moi même sommes là pour veiller à ce que vous restiez dans un semblant de droit chemin, où vous condamner à une mort certaine lorsque vous vous en écartez de trop. Rien de plus. "



Il bue une gorgée du liquide chaud et parfumé. L'air de cette maison paraissait moins lourde qu'à la première rencontre entre le jeune chasseur et lui même. La présence de cette femme et de l'enfant avait apaisé le tourment de ce lieu, mais aussi l'incendie de rage dans le cœur du jeune homme. Ce n'était en sommes pas une mauvaise chose. Tant que tout restait sous contrôle. Et Carmodi savait en trente-huit ans de chasse que rien ne durait jamais. Le Gloria lui même avait su prendre fin après tout.

" J'ai vue que vous possédiez un garage, je vous conseil d'y entrer mon véhicule et d'en récupérer le "présent" qui se trouve à l'arrière. Vous en aurez besoin d'ici ce soir. L'enfant aura de nouveau faim et je pense qu'il serait bon d'éviter de vous infliger pareille blessure à nouveau. Votre compagnon appréciera également ce cadeau à son retour. S'il revient ce soir j’entends bien. "

Face aux sanglots de la jeune femme, Ezekiel sorti de l'une de ses poches un mouchoir en tissu qu'il lui offrit avec délicatesse, même si sa posture laissait entendre qu'il restait encore en fossé en distance et de froid entre eux.
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Jeu 10 Déc - 22:14

Pas d'innocence, seulement divers degrés de culpabilité.
En voilà un étrange point de vue. Mais il avait avait raison, personne ne pouvait se targuer d'être innocent. Fixant Carmodi avec des yeux humides, la louve écouta ses paroles attentivement. Des menaces ? Elle léger grognement passa ses lèvres et elle répondit froidement, une lueur d'ambre dans le regard.

« Vous croyez que j'ai choisis d'être ce que je suis ? Mon père, avec tout le respect que je vous dois, ou pas... Cette morsure m'a été imposé, si j'avais eu le choix j'aurais préféré rester humaine ? Quand à mon self contrôle, ce n'est certainement pas les menaces de votre ordre ou bien la peur que vous inspiré qui en est à l'origine. J'ai pris sur moi, c'est un travail long et difficile... Mais parce que j'ai fait le choix d'être humaine, non un monstre. Il en va de même pour Jake. »

Elle tendit la main et saisit le mouchoir sans douceur avant de venir le passer sur ses joues et sur ses paupières inférieurs. Cheyenne baissa les yeux, observant les tâches de maquillage noires sur le tissus et soupira.

« Je crois pas au diable, je ne crois pas en dieu... je crois en l'être humain père Carmodi et c'est déjà bien assez comme ça. Avec ou sans crocs, l'homme est capable du pire comme du meilleur, mais vous le savez mieux que moi, n'est-ce pas ? Vos mains ont sans doute arraché plus de vie que mes griffes. »

L'indienne releva le regard et jeta doucement le mouchoir vers le prêtre, laissant le bout de tissus glisser sur le bois de la table. Il avait certes sauver Noah, mais il n'en restait pas moins un homme dangereux qui avait une vision bien à lui de voir les choses. Jake aussi était comme cela à leur rencontre... Mais lui avait changé, il avait vu qu'un monstre comme elle, comme lui à présent, pouvait aussi avoir du bon. La volonté était un don merveilleux et Cheyenne n'en avait que trop en réserve. Bien que Jake avait grandement aidé à mieux maîtriser la bête en elle, la louve avait déjà fait un long chemin bien avant cela, d'elle-même. Saisissant sa tasse, l'indienne imita le prêtre et but quelques gorgées de son thé chaud. Toujours alerte, elle était crispée sur sa chaise bien que son calme lui était exemplaire. Carmodi fit mention d'un cadeau à l'arrière de son véhicule et lentement, elle arqua un sourcil. Cadavre... ? L'idée même d'un corps frais dans le coffre du corbillard lui tordit l'estomac de faim la louve se racla la gorge doucement avant de lâcher.

« Merci de votre généreusement, je suppose que ça aidera à faire disparaître le corps.... »

Alors elle réalisa les derniers mots du curé et se figea, le toisant durement et dans un souffle, le regard mauvais elle murmura.

« S'il revient..... ? »

Entrouvrant les lèvres, la femelle dévoila une rangée de crocs avant de se lever doucement, posant ses mains à plat sur la bois de la table et se pencha vers Carmodi en grognant longuement. Menaçante, la créature souffla durement et murmura face à son interlocuteur.

« Attention à vos mots mon père.... Vous êtes ici chez moi. Vous n'avez peut-être pas peur, mais je vous conseil tout de même de rester méfiance... Aucune créature sur cette terre n'est pire qu'une mère en colère. »

Elle se redressa et contourna la table, ses prunelles redevinrent sombre et les crocs disparurent puis elle sortie rapidement. Elle croisa le regard de son voisin et mécontente, rétorqua froidement.

« Oh pitié Loyd, regardez donc ailleurs. Vous êtes même pas foutu de me saluer le matin alors pour une fois faites comme si je n'existais pas. »

Elle s'assit à l'avant du véhicule, tournant les clés encore sur le contact et entra la voiture dans le garage puis referma la porte. Seule, la femme ouvrit le coffre et observa le corps sanglant avant de l'attraper et de le soulever. Plus loin dans la pièce se trouvait un congélateur qu'elle ouvrit d'une main et jeta le corps à l'intérieur. Au moins ils auraient à manger pour quelques temps avec un corps entier. Pour ne pas paraître suspect, elle laissa la voiture de Carmodi dans le garage puis prit la porte qui donnait dans la maison. Carmodi était toujours là, visiblement serein si ce n'est qu'une autre personne était présente. Nez à nez avec son compagnon, Cheyenne le fixa nerveusement et murmura.

« Jake.... »


L'enfant toujours endormit ne réalisa même pas la présence de son père alors que la louve déglutit et glissa une mèche de sa chevelure derrière son oreille avant de justifier la présence du prêtre.

« Tu ne répondais pas au téléphone. »
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Sam 12 Déc - 20:59


❝ Ezekiel Arturo Carmodi - The Pilgrim ❞

Jake l'avait prévenu que le moindre mot prononcé pouvait être perçu de travers par la jeune femme. Et effectivement, le prêtre, bien qu'il ai daigné se déplacer pour venir en aide à son fils, écopait d'un discours qu'il n'avait que trop entendu. Il ne sourcilla pas, c'était à se demander s'il était physiquement là, qu'il écoutait. Toujours assis aux côtés de l'enfant assoupi, une fois que le mouchoir tendu avec compassion lui avait été arraché des mains, ses bras se croisèrent. C'était le commun de tant de femmes, se sentir menacée par une rivale, par une vulgaire araignée. Beaucoup d'entre elles aimaient tellement s'écouter parler, et la louve ne coupait pas à ce cliché hélas. Elle pourrait grogner, elle pourrait feuler, elle pourrait essayer de mordre. Carmodi ne la prendrait jamais comme une menace, pour la bonne et simple raison que lui, contrairement à elle, il n'avait rien à perdre en dehors de sa vie, pour le peu qu'elle lui incombait. Aussi parce qu'il avait tellement vue de monstres dans son genre vouloir prouver leur force, leur dominance en se montrant agressif, qu'au final cela ne l'affectait plus. Souvent, ils ne brassaient même que du vent. C'était aussi un trait particulièrement humain que toujours vouloir faire entendre à son interlocuteur qu'il était bien pire bourreau que soi même. " Vos mains ont sans doute arraché plus de vie que mes griffes. " Elle n'avait apprécié être comprise dans le lot de ceux que le prêtre chassait, et pourtant, elle même en retour se permettait un jugement sans rien savoir de lui, de ce qu'il était. La seule chose dont le chasseur était persuadé, c'était qu'un comportement pareil, sur la durée deviendrait dangereux, et que malgré la promesse faite à son protéger, il serait dans l'obligation de sévir... Peut être même pas de lui même... Son regard, pareil à deux soleils glacés en hiver était depuis le début planté au plus profond de celui de la louve.

" Ne déformez pas mes propos... "Cheyenne". J'ai parlé de cette soirée, et non du fait qu'il ne reviendrait jamais ! Et si votre hospitalité se limite à celle d'une bête, ce que vous vous égosillez à contredire, peut être ais-je fais le mauvais choix et aurais-je du laissé cet enfant mourir dans la souffrance qui était sienne. Aussi vous n'auriez trouvé personne d'autre à blâmer que vous même, sa "mère"... "

Les bras toujours croisés, sa voix avait claqué comme le fouet dans une pièce sans vie.  Ezekiel n'avait nul romance avec cette créature, il ne montrerait jamais autant de docilité que son disciple. Et s'il y avait une chose que le chasseur détestait, c'était bien le fait que l'on puisse déformer ses idées et ses propos... Ou que l'on décide à sa place de qui était le mieux pour lui. Particulièrement remontée -et qu'importe que le vent hurle, la montagne jamais ne ploie devant lui- Cheyenne partie s'occuper du corps que le prêtre avait apporté. Une minute de silence s'installa alors qu'il s'empara à nouveau de la tasse devant lui.

" Tu sembles agacé mon fils... M'as-tu trouvé injuste ?"

Non, il ne parlait pas à l'enfant. Sortant du couloir qui menait à la porte du jardin, c'est un Jake particulièrement amoché qui se présenta à lui, rompant le silence.

" Non mon père. C'est cette foutue douleur qui me met sur les dents, sans mauvais jeux d'mots.. Et... J'ai trouvé ce que nous traquions. C'est plus dangereux que le bureau ne l'pensait, mais encore une fois rien d'insurmontable."


" Je ne t'aurais jamais confié un ordre de mission sans être certain que tu sois en mesure de l'accomplir. Tu devrais le savoir. "

Le prêtre porta à nouveau la tasse à ses lèvres, terminant le peut de liquide tiède qu'il s'y trouvait. Puis ce dernier se leva avant de venir prendre place en face du jeune homme. Contrairement à l'accoutumée, son regard se voulait compatissant -compatissant dans le rien, puisque aucune émotion ne semblait l'habiter-. Ezekiel posa une main sur l'épaule de Jake avant de jeter un œil vers le divan.

" Montre toi éveillé et surtout prudent mon fils. Parfois le danger ne vient pas de l'ennemi que l'on affronte en face à face. Parfois il vient même à  porter le nom que votre cœur vous hurle d'aimer. "

Jake hocha la tête avant de soupirer profondément.

" C'est la première chose que vous m'avez apprise. Je vous assure... Cheyenne n'est pas Ciara..."


Les sourcils du prêtre se froncèrent. Non de mécontentement, mais comme pour laisser entendre qu'il espérait mille fois se tromper, au moins une fois avoir tord. Il invita son disciple à prendre soin de lui, indiquant qu'il se passerait de ses services pour le restant de la semaine. Sa place était ici, auprès de son fils. Plus qu'un devoir de père, c'était son rôle dans les jours qui suivaient d'imposer sa place au sein de cette demeure qui était la sienne, de son territoire. La louve fini par réapparaître. Penaude, elle tentait d'expliquer la raison de la venue du prêtre, de se justifier. Jake hocha les épaules, l'air de dire que ça ne faisait rien. Profitant également de l'occasion pour sortir son téléphone portable de la poche arrière de son pantalon. Ce dernier avait la vitre totalement brisée.

" Désolé... Va falloir que je m'en offre un nouveau... Vous restez avec nous Carmodi ? "

Le prêtre dégagea sa main de l'épaule de son disciple, perdant progressivement son regard compatissant au profit de l'attitude du chasseur qui était quotidiennement la sienne.

" Je vais décliner mon fils... Je ne suis pas de ces idiots qui forcent la chance, je sais m'éclipser quand ma présence n'est pas désirée. "

Jake sembla déçu, mais acquiesça. le prêtre passa une minute au moins à lui expliquer comment être certain que l'enfant ne manque pas à ses apports journaliers. Et comment déceler sa possible première transformation. Si la faim se faisait sentir, cela pouvait survenir à n'importe qu'elle lune. Par chance, les signes étaient suffisamment significatifs chez un jeune enfants pour que cela se remarque. Jake remercia son mentor de la manière la plus respectueuse qui soit pour avoir sauvé la vie de son fils et le laissa prendre la porte seul, après s'être fait indiquer qu'il lui rapporterait son véhicule ultérieurement. Basculant la lourde capuche de son par-dessus sur son visage, le prêtre s'enfonça dans la fraiche après-midi sans soleil de Gotham. Plongeant au plus profond de lui, de son esprit, de ses tourments dont il était seul maître. Là où il se complaisait peut-être ? C'était en fermant les yeux qu'il pouvait y percevoir un morceau de son paradis. Rien à par son être et ses pensées, tout et tous restaient à l'extérieur de ce huit clos dans ce genre de moments.

Ciara...

Ce nom évoquait une multitude de sentiments dans le cœur du prêtre. Un amour sans borne, de la peur, de la souffrance. Tant de colère aussi, puis enfin le dégout et la répulsion. Quand il croisa la route de celle-ci, il n'était alors qu'un jeune homme encore perdue dans un flot de questions auxquelles le Seigneur ne répondait jamais. Il était un humain éduqué par le treizième bureau depuis sa plus tendre enfance. Tout ce qu'il connaissait du monde était perçu par le filtre de l'Iscariote. La seule femme qu'il n'ai jamais côtoyé fus la Magdalena. Comme une mère, une amie, une sœur. Il avait été dévoué à la cause de sa dame, jusqu'à ce le regard d'émeraude de la sorcière ne se pause sur son cœur d'enfant qui avait grandit trop vite. Quand Ezekiel pris la décision périlleuse de fuir l'ordre, pour elle, pour la protéger, Magdalena avait déposé un baiser sur son front encore fraîchement marqué de la croix du christ. Elle avait essayé de le convaincre que c'était une erreur, mais voyant que rien ne changerait, elle s'était tue. Cherchant même à couvrir cette fuite. Une mère... Une amie... Une sœur...

Ciara lui donna une fille, une belle enfant aux cheveux noirs corbeaux et aux yeux de givres. A de nombreuses reprises, Ezekiel du user de son savoir faire pour canaliser la force de l'enfant. Combien de fois leur petite maison perdue au cœur de l’Irlande avait été contrainte de voir ses fenêtres changées, son mobilier rapiécé, son argenterie remplacée. Dana avait un don, celui de sa mère. Elle était née puissante, mais aussi précoce que pouvait l'être le jeune Noah dans son genre à lui. Le prêtre vous le dirait aujourd'hui. Le monde n'est fait que d'or noir, de sang et de souffrance. Il n'était pas près pour ce qui suivit, jamais un homme ne pourrait l'être. Il se souvenait du Stonehenge, de cet air suffoquant quand il pénétra dans le cercle. Il se souvint des glyphes, du cercle. Il se souvint de Magdalena dont la tunique blanche était maculée de sang, tout comme la pointe de sa lance. A ses pieds, reposait, le visage déformé d'une grimace à mis chemin entre la folie et la douleur, le corps sans vie de Ciara. Quand la lancière se tourna vers lui, ses yeux étaient noyés et rougis. " Ezekiel..." avait-elle murmuré avant que les yeux du fuyard ne finissent par trouver l'objet d'une vie de souffrance. Elle s'appelait Dana, l'ironie du sort voulu que ce soit lui, le pieux chrétien qui choisisse de la nommer ainsi, en lien avec ce légendaire Tuatha Dé Danann.

Comme endormie, elle reposait au centre de ce cercle, froide, inerte. Le prêtre n'oublierait jamais cette sensation semblable à un trou noir qu'il avait ressenti en s'emparant du corps de son enfant.  Ses yeux se baladèrent autour de lui, dans l'incompréhension la plus totale. Elle avait essayé de prendre sa force, de voler ses pouvoirs, de prendre sa vie. La soif de pouvoir était la seule chose qui avait aveuglé Ciara. Magdalena s'était approchée de lui sans un mot, sans un bruit, elle s'était accroupie dans le dos de son frère, glissant ses bras de part et d'autres de lui. D'une étreinte qui se voulait chaleureuse, le chasseur ne perçu que le froid, elle ne représentait aucun amour, aucune douceur à par peut-être celle d'Azraël recouvrant de ses ailes un mort en sursit. L'ombre de l'inquisitrice d'Iscariote planait à présent sur lui comme une araignée tissant sa toile. Et lui ? Il n'était qu'un insecte piégé par son fil. Elle se pencha pour venir trouver le creux de son oreille, où elle murmura d'une voix pareille au cristal. " Il suffit... Rentrons chez nous maintenant... ".

Ezekiel Arturo Carmodi, fils du chasseur et prêtre Lazaro Carmodi et de la dernière Magdalena, Lucia Salvatore. Frère ainé de l'actuelle Magdalena. Jamais il n'oubliera que c'est à cette seconde précise que son cœur serré gela sur place et définitivement. Qu'il songea avec tristesse que jamais plus ce membre mort ne pourrait sentir à nouveau amour, chagrin ou compassion. C'était il y a plus de vingt ans. Carmodi avait été pour son disciple et face à sa souffrance ce même givre sur son âme que sa tendre Magdalena l'avait été pour lui. Par chance, il avait trouvé -lui- la force d'accorder l'accès à son cœur à nouveau, puis vint cette louve... Carmodi n'avait pour seule compagnie que les relents de souffre et un esprit verrouillé que plus rien ne pouvait encore toucher. Quand les phares du véhicule jaune vinrent le troubler dans sa méditation, il faisait presque nuit déjà. Depuis combien de temps déambulait-il ainsi dans les rues de Gotham ? Il fit signe à la voiture de s'arrêter. En prenant place sur le siège arrière, ce dernier indiqua au chauffeur une adresse précise qui laissa perplexe l'afro-américain derrière son volant. Le prêtre insistant, il s'exécuta. Il n'y avait nulle liqueur suffisamment forte pour noyer le tourment qui s'éveillait à nouveau dans l'esprit du chasseur. Il n'y voyait qu'un seul véritable remède, et celui-ci était fait de vices portant loin autour de lui le parfum de la corruption, du mal et de tout ce qui était contre l'étique des Hommes.
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Lun 14 Déc - 0:18

Il était là, de retour et pourtant, il ne lui avait pas adresser la parole. En revanche Carmodi eu droit à l'attention qu'il méritait, probablement. Perplexe, Cheyenne observa les deux hommes qui échangeaient quelques parles sans même faire attention à elle et attendit. Patiemment. Mais au fond, la louve grondait, grattant contre les parois de son esprit, furieuse, mécontente. En retrait, Chew s'adossa au mur, croisant les bras sur sa poitrine et garda le silence, observant les deux hommes et arqua un sourcil quand Jake eu en plus le culot d'inviter son patron à dîner. Tant qu'à faire, il ne voulait pas non plus l'attacher et l'offrir en pâture au prêtre ? Un grondement sourd glissa dans la gorge de l'indienne qui détourna le regard, se concentrant sur le petit garçon assoupit. Si mignon, si innocent... Et déjà tellement affamé. Lorsque Carmodi prit finalement la décision de partir, c'est vexée que Cheyenne le suivit du regard. Pas même un au revoir... Quelle ambiance. Cet homme rayonnait de joie et de bonté, c'était effrayant. Cependant c'était surtout les paroles du prêtre qui la taraudait... sa faute à elle si son enfant avait été souffrant. Maudit soit-il. Le cœur serré et la rage au ventre, Cheyenne se décolla du mur et posa son regard sur son compagnon. Et lui alors ? C'était quoi la raison de son silence ? Pas même un regard.

« Je t'aie appelé au moins trois fois. »

Lâcha t-elle, accusatrice. Ses émotions se bousculaient les unes contre les autres,la bête se heurtait à la femme et dans ses mots de la louve, on pouvait sentir que la limite entre les deux étaient devenue mince. Un grognement sortit de sa bouche, encore. N'était-ce pourtant pas elle qui disait avoir apprit à se contrôler ? Pourtant à cet instant, Cheyenne se sentait à deux doigts de l'explosion, à deux doigts commettre l'irréparable. Saisissant ses clés de voiture sur le meuble, elle tourna le dos à Jake et souffla.

« Je vais prendre l'air. »

Par là elle entendait filer très vite hors de Gotham, droit vers la foret, loin de la population. Oh elle se connaissait suffisamment pour savoir que sont état nécessitait très vite de se mettre à l’écart. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait, quelques petites disputes avec Jake, sans gravité, l'avait déjà poussé à se tenir loin quelques heures. La porte de la maison claqua et quelques instants après le Pick Up démarrait, descendant l'allée puis prit la direction du centre ville avant de sortir de la ville. Dans le rétroviseur, les buildings de Gotham crevaient le ciel gris de l'hiver alors que sur le volant, les mains de la louve étaient crispées, griffes enfoncer dans le cuir.

• 4h plus tard...
Grand un crissement, le Pick up s'arrêta devant le Garage avant que les phares ne s'éteignent. La louve sortit de son véhicule doucement, empoignant un sac noir alors que sa tenue n'était plus la même qu'à son départ. Elle entra, sans un mot et fila vers la vers la salle de bain, ouvrant le bac de la machine à laver et ouvrit le sac pour sortir ses vêtements tâchés de sang. Aucun humain n'avait été blessé, en revanche la faune des alentour avait eu bien moins de chance. Cheyenne était à peine calmer, autant dire que les paroles du prêtre avaient du mal à quitter son esprit, maintenant c'est Jake qu'elle allait devoir affronter. Revenant au salon, elle fila droit dans l'espace cuisine ouvert et se remplit un verre d'eau en demandant.

« Noah va mieux ? Ton... patron... A laissé à bouffer, c'est dans le congélo du garage, si vous avez faim. Moi j'ai prit mon repas en forêt. »

Pas méchante, mais cependant distante, Cheyenne n'osait pas le regarder. Elle s'attendait déjà à des remontrances, à subir le regard accusateur de son mâle. Cette simple idée lui donnait la nausée.... Vraiment. Abaissant son verre d'eau, la louve retint son souffle. Woah, elle avait vraiment la nausée. Pâle, elle fila rapidement vers la salle de bain,, ouvrant la porte d'un coup d'épaule avant de se jeter à genoux devant les toilettes et régurgita son repas.Le sang gicla, la chair animal à peine digéré fut rendu, éclaboussant les toilettes et même la cuvette, laissant des sillons vermeil couler le long de la porcelaine des cabinets. Sanglotant, Cheyenne gémit, rendant à nouveau le rendu de son estomac et maintenant tant bien que mal sa longue chevelure. Eh bien la soirée s'annonçait difficile....
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Jeu 21 Jan - 22:29

Jake regarda son mentor quitter le domicile familial, la tanière, une mine étrangement mélancolique tirant sur les traits de son visage. Le loup ne saurait pas quoi en faire, il ne l'avait dans le fond jamais su. Mais bien souvent c'était le signe que le travail ne viendrait pas à sa porte pendant quelques jours, voir semaines. Ce n'était pas plus mal dans un sens, après cette nouvelle, le chasseur pourrait se concentrer sur son fils, ce qui n'était pas un luxe vue les temps qui courent. Et... Peut-être aussi Cheyenne si cette dernière daignait se montrer plus "réceptive" ? Il avait beau être la moitié d'un con, Jake avait senti que sa femme, car même si elle n'en portait pas le nom elle n'en demeurait pas moins pour lui, se sentait comme "étriquée" dans cette demeure, et en présence des deux jeunes mâles qu'ils étaient. Un wendigo n'est pas fait pour vivre en meute, ou en tout cas jamais bien longtemps. Et même si la bête de Chew s'affirmait de jour en jour, le chasseur craignait fermement de n'avoir un jour à devoir se confronter à elle pour une histoire stupide de territoire, de dominance. Il n'en avait pas envie, il savait comment ces choses pouvaient se terminer et si l'autre prenait le dessus, il ne pourrait répondre de ses actes. Cheyenne porta son attention sur lui, la mine rageuse, l'accusant de n'avoir su répondre à ses appels. Le jeune homme ferma les yeux tout en prenant une profonde inspiration, son téléphone en miette encore dans la main. Encore une fois ,sa compagne n'avait pas daigner écouter les raisons de son silence. Il les avait pourtant évoqué il y a de cela quelques minutes à peine.

Il se retint, contenant sa colère, sa douleur aussi provoquée par les nombreuses blessures qu'il avait reçus au court de son investigation. Le Hole n'était pas un endroit mortel pour un wendigo, mais les gens qui y vivent sont mauvais, et vicelards. Quand elle quitta à son tour la maison prétextant un besoin pressant de prendre l'air, un besoin de fuir la situation sans même se soucier encore une fois de son interlocuteur, Jake explosa. Ce téléphone qui n'avait pas l'ombre d'une chance de survie vola à travers la pièce, s'explosant littéralement contre le mur de l'entrée. La voix gutturale, menaçante du loup clôturant cette conversation stérile d'un "C'est ça, dégage."

Une faible voix émanant du canapé l'appela, le rappelant à l'ordre et à la réalité. Jake ne pouvait pas se permettre un tel comportement. Si Cheyenne ne pouvait faire la part des choses, lui en était encore capable pour le bien de son fils. Accusant d'un long soupire, le chasseur entra dans le salon, s'installant dans le canapé où son enfant épuisé portait à son tour un regard accusateur sur sa personne. Jake arqua un sourcil.

" Tu vas pas t'y mettre toi aussi, si... ? "

Le gosse lui, c'était pas sa faute. Mais en bon enfant qu'il était, il chercha la voie de la simplicité abandonnant son agressivité envers son ainé. Jake attrapa le paquet emmitouflé dans ses couvertures et l'attira à lui, le déposant contre son torse, son petit crâne trempé au creux de son propre cou. Il enserra de ses bras son petit homme tout en se laissant avec toute la douceur du monde retomber en arrière. A priori ce soir, ils seraient entre mec et dans un sens, c'était pas plus mal comme ça. Au bout de quelques minutes d'étreintes, son cœur était plus léger, il se prit même à bercer son petit d'une histoire que lui avait conté l'oncle Sam au chalet, il y a quelques années. Celle de la petite brodeuse et de ses sept frères étoiles. On pourrait presque en rire connaissant l'animal, lui, raconter ce genre d'histoire, et ce avec tant de convictions. Mais quand on vient à savoir que le monde tourne bien malgré lui autour de tants de choses inexpliquées, d'un univers entier basé sur la magie, les croyances et les légendes, comment ne pas accorder d'importances à de petites choses comme celles-ci. Les heures défilèrent, jusqu'à ce que Cheyenne ne fasse réapparition. L'enfant s'était finalement endormit tout contre lui, les traits moins tirés. Comme si sa sortie n'avait rien changé, elle se précipita dans la cuisine, et avec toute la délicatesse du monde, elle indiqua au chasseur la présence de leur pitance dans le frigo du garage. Jake resta muet, préférant de loin le calme de la respiration de son fils au reste. Il lui fallu une bonne minute avant de réaliser que sa compagne se portait mal quand elle quitta à nouveau la salle précipitamment. Non pas que le loup chercha à prendre tout son temps, mais c'est avec une délicatesse innée qu'il souleva l'enfant pour mieux le porter à sa chambre. Une fois bordé, il pénétra dans la salle de bain, baladant son regard sur le spectacle fort peu ragoutant que lui offrait la jeune femme. Elle sanglotait et semblait ne plus arriver à calmer ses rendus. D'un pas sûre, Jake s'approcha d'elle, prenant la relève en agrippant avec soin ses longs cheveux ébènes à la place de la jeune femme. Il attendit que sa crise se calme à nouveau avant de prendre la parole, plus posément.

" Noah est couché et il va bien... Maintenant toi. C'est quoi le problème ? "
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Ven 22 Jan - 1:20

La porte s'ouvrit dans un faible grincement et Cheyenne se crispa en sachant qu venait d'entrée. Il n'y avait pas quarante personnes dans cette maison de toute façon. Cependant, elle avait imaginer que Jake attendrait dehors... sans doute encore furieux de leur échange... Au lieu de quoi, il vint l'aider avec douceur et respect, saisissant les cheveux de sa compagne qui subit un nouveau spasme, rendant sang et bile dans la cuvette des toilettes. Haletant, Chew avait bien du mal à reprendre son souffle, appuyant son front contre la cuvette et inspira longuement alors qu'il la questionna sur son état. Elle ne pouvait pas y couper de toute façon...

« Je suis une mauvaise mère.... »

Dans un effort difficile, Cheyenne releva le visage, pâlot et luisant de sueur. Elle se cramponna à la cuvette et d'un mouvement rapide de la tête, se remit à vomir, émettant un bruit de dégoût et de douleur alors que son estomac continuait à se vider, éclaboussant le wc de sang et de clair à moitié digérer. Quand enfin elle fut en mesure de reprendre la parole, la louve émit un sanglot de tristesse. La dernière fois que Jake avait pu la voir ainsi, c'est quand elle avait mit leur fils au monde, trois ans plus tôt. Elle se releva, lui faisant lâcher ses cheveux et se dirigea vers la lavabo et allumer l'eau, rinçant son visage rapidement et lava ses mains. Cheyenne soupira, pivotant le visage et fixa son compagnon et reprit la parole.

« Tout ça c'est de ma faute... Si Je ne t'avais pas mordu.... Si.. »

Elle grogna. Non pas comme lui mais contre elle-même. Cheyenne se sentait épuisé psychologiquement... Doucement, elle se pencha au dessus de la baignoire et alluma l'eau chaude, se préparant un bain qui lui ferait le plus grand bien.

« Jake, pourquoi t'es encore avec moi... ? Pourquoi t'es pas juste parti ? »

Question cruciale mais surtout mal venu. Mettait-elle son amour en doute ? Non, pas vraiment... C'était juste que Cheyenne avait bien des choses à se faire pardonner. Elle le savait parfaitement. Portant sur le chasseur un regard rougit, elle murmura.

« J'ai brisé ta vie en te transformant. Et si j'avais géré mes pulsions...Noah ne serait pas là. Je ne dis pas que je regrette sa présence, au contraire... Il est mon fils et je l'aime plus tout... Mais soyons honnête... S'il n'avait pas été un wendigo... Il n'aurait pas manqué de mourir aujourd'hui. Quoi que je fasse... ça n'ira jamais. Sans compter le danger que je fais planer au dessus de vous via Khangee. »

Le bain fut rapidement remplit et la loue éteignit l'eau avant de se déshabiller lentement et d'enjamber le bord de la baignoire pour se glisser dans l'eau chaude, presque brûlante. Reliant les jambes, elle les ramena contre sa poitrine, observant le mur carrelé face à elle et murmura.

« Tu sais... Que toi et moi... c'est qu'une question de temps avant que... l'un de nous ne devienne un réel danger. »


A nouveau Chew tourna le visage, posant son regard sombre sur Jake et haussa les épaules doucement.

« Un jour tu devras me la coller cette balle, Jake.... Je crois plus tôt ce sera fait, mieux ce sera. Je crois que ton patron serait d'accord avec ça... »
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MessageSujet: Re: Une faim de Loup   Dim 14 Fév - 3:45

« Je suis une mauvaise mère.... » elle avait l'air convaincue de son énormité. Les mots de Carmodi auraient-ils eu plus d'impacts sur la louve qu'il n'y paraissait ? Ou du moins que l'on aurait bien voulu le croire venant du roc qu'elle était en apparence. En apparence seulement. Jake avait appris que ce soit au cours de ce séjour au chalet de ses parents, ou même depuis la naissance de son fils que Cheyenne était faillible. Avant d'être une bête elle restait humaine, contrairement à lui qui a depuis longtemps maintenant, rejeté ce côté là de lui même. Peut-être était-ce moins vrai depuis qu'il réapprenait à être père, à être lié au sang à un petit être dépendant de lui. Son discours la trahissait, elle qui se revendiquait force de la nature que rien ne peut atteindre. Il n'y a qu'une femme, qu'une humaine pour penser être une mauvaise mère. Les animaux ne réagissent pas de la sorte, selon les espèces, il arrive que la femelle gérant mal son simple boulot soit relevée de ses fonctions, basiquement et simplement. Certaines femelles viendraient même à tuer leur petits. Par pitié sûrement ? Il ne restait plus qu'à espérer que cette idée macabre ne traverse pas la tête de la bête. Face  à ce raisonnement que Jake ne pouvait comprendre, le chasseur préféra se taire, se taire et écouter. Parfois il est même préférable d'écouter et de ne rien dire. Après l'accusation, le remord. Jake ne s'était jamais caché de la rancœur qu'il éprouvait d'avoir été l'objet d'une pulsion, d'avoir été transformé en... "ça". Mais chemin se faisant, il avait appris à accepter sa condition, à faire avec comme on dit.

Il ne pu reteindre le grognement de mécontentement à l'évocation de Khangee. Ce nom, comme une insulte, une remise en question de son autorité sur SON territoire et ce qui lui appartenait. Tout lui donnait l'impression de tourner autour de lui, Khangee la menace, Khangee le frère, Khangee l'alpha. Le chasseur jubila intérieurement pendant une seconde, empreint à une subite frénésie, une envie de ... Jeu. " Bientôt... Khangee le cadavre." Pensa t-il si fort qu'un demi sourire malsain à peine masqué s'était emparé de son visage. Jake pris place encore une fois en silence, et difficilement, à côté de sa compagne, de l'autre côté du carrelage de la baignoire. Il arqua un sourcil à l'évocation de l'achèvement avant de répondre de manière presque instinctive.

" On pas QUE des bêtes Cheyenne. C'est pas toi qui a passé des mois à m'apprendre à dominer mes instincts ? S'il faut que je perde mon temps à te le réapprendre en retour, je le ferais. Du temps à perdre, je n'ai que ça devant moi. Et puis... Si l'un de nous deux devient un danger, l'autre sera là pour le remettre à sa place. Vaudrait mieux que ce soit moi d'ailleurs. J'aurais bien trop peur de te faire mal..."


Sa dernière phrase avait presque chanté, soutenue par un regard de défi. A mi chemin entre la malice de l'homme et la cruauté téméraire de la créature Sa femme n'avait pas besoin de bras pour pleurer, pas tout de suite, les larmes viendraient plus tard, elle avait besoin d'un exutoire sur lequel passer sa colère et son incompréhension. Et pourquoi pas lui ? Autant que sa condition serve à quelque chose. Il s'empara du visage de la jeune femme avant de prendre possession de ses lèvres sans crier gare ni même demander l'avis d'un tiers. Plongeant leur étreinte de quelques secondes dans une apnée de sentiments exigües dans le froid et le détachement du moment qu'ils se forçaient à partager. Il tenta de lui communiquer par ce simple geste un peu de sa chaleur à lui, comme pour lui faire entendre que tout n'était pas perdu. Quand il lui permit à nouveau de respirer en relâchant son étreinte, son regard s'était bien malgré lui teinte d'ambre, comme si l'homme et la bête étaient capables de s'accorder sur cette idée commune. A l'unissions, la voix d'un cœur que les yeux ne peuvent trahir, Jake fixa la louve droit dans les yeux avant de lui murmurer d'une voix sincère, force de sa passion.

" Tshe menuateten "


Il l'avait prononcé dans un amérindien presque parfait, trahissant un effort de lui plaire, ou du moins de toucher une corde sensible. Celle qui ferait raisonner en elle la mémoire d'un jour passé où il y avait lui, et elle. Et que rien autour d'eux ne pouvait les dissocier, comme une entité unique face au reste du monde et au brasier du danger. Parce qu'un geste, un mot, valait parfois bien mieux que mille de ces balles d'argents qu'il délivrait comme une offrande salutaire à ses cibles.
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