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 L'enfer sur Terre

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Barton Mathis
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MessageSujet: L'enfer sur Terre   Jeu 7 Jan - 5:59


❝ L'enfer sur Terre ❞

Retrouvons Barton Mathis et Scarlett Lincoln, alors que l'horloge affiche 8h00. Leurs routes se sont croisées au Ritz Gotham Hotel de Midtown et ils sont à l'abri d'une intervention du Doppelganger.



Barton déserta sa maison en refermant péniblement derrière lui la porte métallique criarde qui lui donnait accès à la ruelle malfamée adjacente. La balle de fusil qui avait pénétré sa chair comme un violent électrochoc, et qui l’avait mis à terre quelques secondes auparavant, le faisait grimacer sinistrement. La goutte de sueur qui arpentait les rares imperfections de son visage et qui descendait irrémédiablement jusqu’à son cou témoignait de l’intraitable douleur qui envahissait dès lors son corps et son esprit. Alors qu’il s’élançait vers une longue débandade, piétinant hâtivement les innombrables mégots dispersés sur la jeune et fine couche de neige au sol, Barton comprit que son pouvoir démiurgique ne tenait finalement qu’à un fil et que la moindre erreur pouvait lui être fatale, comme cela aurait pu être le cas il y a quelques minutes. Dans la pâleur grise de l’aube, annonciatrice d’une rigoureuse journée d’hiver, le Tueur aux poupées fuyait le quartier de l’East End, blessé et profondément désorienté par cet événement inopiné. Il était parvenu, dans un excès de panique, à laisser derrière lui, morts, les deux officiers de police qui avaient enquêté sur son dossier depuis plusieurs semaines. Barton essaya de tirer de cette mésaventure un infime soulagement, dans le même temps bien trop occupé à atténuer sa douleur en appuyant fermement sa main sur son dos à l’endroit précis de l’impact. Il lui semblait désormais nécessaire de quitter son quartier natal pendant quelques jours et de se réfugier dans un logement où les autorités ne pourraient soupçonner sa présence.

Sous les premiers flocons de neige qui tombaient insensiblement du ciel, le cannibale gesticula devant le premier taxi qu’il croisa. Sans s’aventurer dans les politesses et lieux communs avec le chauffeur qui n’avait pourtant pas manqué de le saluer, il s’installa à grand-peine au fond du véhicule, poussant un énième gémissement de douleur qu’il tenta de dissimuler sous un excessif raclement de gorge. Visiblement offensé, le taximan se contenta de demander la destination à son étonnant client.

Midtown. Ritz Gotham Hôtel.

La destination était toute trouvée. S’affichant comme un vagabond cherchant l’abri le plus sûr et le plus improbable, l’esprit toujours profondément sonné par ses deux derniers meurtres imprévus, Barton était néanmoins tout à fait conscient de ce qu’il faisait. Le Ritz Gotham Hôtel était, et ce depuis toujours, le repaire attitré des amants et maîtresses en quête d’aventures extraconjugales brèves mais passionnées. Le rendez-vous quotidien des femmes insatisfaites et enthousiasmées à l’idée de redécouvrir les plaisirs sensuels, érotiques et sexuels perdus depuis longtemps, et celui des hommes narcissiques lassés de devoir côtoyer la même épouse depuis des années. Avide de pouvoir et de puissance, le psychopathe voyait en ce lieu de débauche dispendieux une authentique ruche à femmes naïves et jocrisses qu’il allait pouvoir attirer, opérer et métamorphoser à sa guise. Impécunieux, Barton avait conçu son plan dans les moindres détails et s’était déjà chargé d’enlever puis de séquestrer un riche citadin, retrouvé par les deux enquêteurs peu de temps avant leur mort. Soulagé de ses papiers d’identité et de tout son argent, le quinquagénaire galetteux avait permis à son tortionnaire de s’infiltrer aujourd’hui dans le plus prestigieux hôtel de la ville.

Assis à l’arrière du taxi, tordu de douleur, le Tueur aux poupées tentait de rassurer par de brefs sourires forcés, le chauffeur qui ne manquait pas de l’observer de temps à autre en tournant subrepticement l’œil vers le rétroviseur central. Il enleva finalement son long manteau noir, trop suspect et atypique, révélant ainsi l’entièreté de son visage fiévreux et abattu, masqué jusqu’ici en partie par la longue capuche qui le recouvrait. Les nombreux flocons de neige qui s’abattaient puis fondaient de façon irrégulière sur les vitres du véhicule plongeaient Barton dans un état quasi-méditatif, lui permettant ainsi d’atténuer quelque peu ses douleurs. Le souvenir récent du coup de fusil s’associait à celui des abondants coups de bâton reçus de son père durant son enfance qui rejaillissait dans son esprit et qui semblait lui rappeler vicieusement la malheureuse et interminable souffrance physique dont il avait été victime. Barton ne laissa échapper aucun mot de sa bouche durant le trajet, plongé dans ses tristes pensées. Alors que le timide soleil d’hiver peinait à prendre le dessus sur les innombrables nuages, Gotham City se réveillait et s’animait petit à petit. Les milliers de citoyens quittaient le réconfort de leur habitation pour s’aventurer dehors. Les nombreuses voitures s’agglutinaient sur la route. Les vendeurs de magasins de luxe, vitrine d’un quartier en plein essor, ouvraient leurs portes. Le tueur pouvait constater, depuis le véhicule, la gigantesque fourmilière qui, à l’instar de Sisyphe, poussait sa pierre dès le matin. Cet étrange spectacle, symbole d’une profonde absurdité, le consternait, lui qui souhaitait ouvrir les consciences et offrir à la population sa vision personnelle du monde et de la vie. Il ne put s’empêcher d’exprimer tout haut ce qu’il pensait tout bas.

Bientôt tout cela changera. Ils comprendront.

Sentant le regard du taximan se poser sur lui à la suite de cette brève intervention, Barton exigea froidement de descendre du véhicule, bien qu’il ne soit pas encore arrivé à destination. Il prit un billet au hasard dans son portefeuille, sans en vérifier la valeur, et le jeta vers le chauffeur qui, stupéfait, ne dit pas un mot. Enfin, il sortit de la voiture aussi laborieusement qu’il en était entré. Le sang avait coulé abondamment et avait tâché la banquette arrière. Curieusement, le psychopathe parvenait à tenir debout malgré la douleur intense. La résistante carapace qu’il avait acquise durant son enfance y était pour quelque chose. Il marcha lentement, très lentement, vers sa destination qui ne se trouvait plus qu’à quelques centaines de mètres. L’imposant gratte-ciel était déjà visible à cette distance. Arrivé à l’hôtel quelques minutes plus tard, Barton prit soin de montrer sa fausse carte d’identité à la réception. Les remerciements du personnel de l’accueil firent entrer officiellement le loup dans la bergerie. Assis sur un fauteuil de décoration, attendant qu’un jeune homme vienne le conduire à sa chambre, il observait déjà avec attention les nombreux clients et, surtout, les nombreuses clientes. Une femme attira soudainement toute son attention. Une femme différente des nombreuses autres, qui ne semblait pas remplir ses habituels critères de recherche. Elle paraissait rare. Les mains du cannibale tremblèrent tandis qu’il ne pouvait plus se détacher du regard de cette délicieuse créature qui provoquait en lui un effroyable sentiment de folie meurtrière. Il ne pouvait désormais plus en être autrement, c’était elle dont il devait s’occuper. C’était elle qu’il devait métamorphoser. Il se leva gracieusement, prenant soin de ne montrer sur son visage aucun signe évident de sa blessure au dos, puis s’approcha.
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Scarlett Lincoln
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MessageSujet: Re: L'enfer sur Terre   Mar 19 Jan - 19:20

Ritz Gotham Hôtel...
Lieu de débauche et de noirceur. Fut un temps où la luxure aurait été durement punis. Mais à présent, qui s'en souciait ? Les mœurs étaient différent, faire l'amour pour certain, baiser pour d'autre.. Aucune différence. L'un ou l'autre, tout revenait au même. Une drogue fabuleuse, le sexe... Sous toutes ces formes. Pourtant parmi tout ces gens, une personne n'avait point le feu entre les cuisses. Sa présence n'était là que pour permettre à son cœur emplit de noirceur de se satisfaire de la vision d'autrui qui se plongeant petit à petit dans le vice et le péché. Pendant que d'autre allait au cinéma, au bowling, Scarlett elle, observait les âmes pourries de Gotham se frayer progressivement un chemin vers l'enfer. Cet hôtel avait tout ce qu'il fallait pour qu'elle y passe une bonne soirée.

Vêtue d'une longue robe de soirée noir au tissus fait de transparence, la belle était assise au bar, sirotant doucement un margarita olive. Ses cheveux formait une crinière immaculée, ondulée et attachée en une queue à demi-retenue. Étrangement seule, Scarlett observait les couples, attendait patiemment alors que ses doigts saisir le cure-dent et le tournèrent dans l'alcool, laissant l'olive s'imprégner de la boisson. Pourtant, elle n'était pas la seule à être totalement détaché de ce spectacle de débauche, une autre personne dans la salle semblait tout aussi esseulé. Une personne qui fini par se lever et s'approcher. La sorcière esquissa un sourire et réalisant que l'homme se dirigeait vers elle, dégageant ce petit quelque chose de … dérangeant. La femme pivota doucement sur sa chaise, croisant les jambes sensuellement et posa son regard sur le jeune homme qui lui faisait face. Il était beau, très beau même...Un peu blafard cependant. Mais ce n'est pas vraiment ce qui l'attirait à cet instant, c'était plutôt son aura...Chose que le commun des mortel ne pouvait voir, sauf elle. Ce nuage noir et rouge autour de lui, cette gangrène, cette noirceur qui le pourrissait jusqu'à l'âme. Il était magnifique dans sa putrescence... Il parfait. Une âme comme elle envoyait rarement, une âme comme elle avait rarement offert à son maître... Ou bien qu'elle avait dévoré pour elle-même. Émue par l'obscurité de cet homme, Scarlett l'observa un instant en silence, capturant son regard dans le sien puis souffla simplement.

« Votre âme.... Est si sombre et magnifique... »

Levant une main, la femme l'approcha du visage de l'inconnu, caressant doucement sa joue jusqu'à son menton. Se toucher lui permit de voir...Voir ce que les humains ne pouvait voir. Loin dans son esprit, elle voyait ses souvenirs, les pires comme les meilleurs, ce qui justifiait la souillure de son âme. UN vague sourire se dessina sur les lèvres rouge de la sorcière qui recula sa main et porta son verre à ses lèvres avant de rire et lâcher de but en blanc, sur un ton malicieux.

« Mais je ne serais pas votre jouet, Barton Mathis. »

Elle savait à présent. Toucher lui avait révéler. Il en serait surpris, possiblement. Qui ne le serait pas, après tout ? La femme garda ce sourire en coin, son regard se plongeant dans l'alcool de son verre et elle souffla dans un discret murmure.

« Cependant, je pourrais vous aider dans votre pèlerinage vers la grandeur et la décadence. Qu'aimeriez-vous, Barton ? Je peux lire l'avenir, je peux guérir cette blessure qui vous fait souffrir, je peux vous donner de l'argent... Je peux tout faire. Absolument tout... »

Lentement, elle leva vers lui son regard de biche. Ses prunelles grises se posant sur lui à nouveau, son sourire s’agrandit, charmeur et sournois.



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Barton Mathis
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MessageSujet: Re: L'enfer sur Terre   Mar 9 Fév - 22:31

Le sourire enjôleur qui accompagnait le regard de la créature avait fait naître dans l’esprit de Barton une véhémente excitation qu’il peinait à dissimuler sur son visage habituellement hermétique à toute émotion. La douleur atroce qui foudroyait par à-coups son dos – toujours intimement ensanglanté – se mélangeait à cette intense sensation de plaisir annonciatrice, selon les innombrables aliénistes chanceux d’avoir pu analyser le comportement du tueur durant son passage expéditif au centre pénitentiaire et psychiatrique d’Arkham, d’une frénétique incitation à la démence meurtrière. Le monde autour de lui s’écroula lorsque la jeune femme posa la paume de sa main veloutée sur sa joue. La douceur néanmoins perfide de cette brève caresse transporta Barton dans ses plus éminents souvenirs. La dernière cajolerie qu’il avait reçue de sa mère avant leur séparation avait été le seul témoignage d’une affection qui lui manquait indéniablement. Lorsqu’il fut emmené loin de la seule femme qu’il eut réellement aimée, il se décomposa dangereusement. Sa folie, alimentée par un intérêt grandissant pour le cannibalisme, la forme ultime de l’agression – héritage de son père sadomasochiste –, le poussa à consommer de la viande crue les soirs de pleine lune et à sombrer progressivement dans la barbarie. À Otisburg, Barton, alors âgé de vingt-sept ans, avait répondu à une annonce placée dans le Gotham Globe par un jeune chirurgien diplômé. L’homme cherchait du travail. Dollmaker, propriétaire d’un cabinet privé, lui rendit visite sous le prétexte de l’engager afin de travailler avec lui. Quand il se présenta à la famille, il apporta des fraises et du fromage tchèque. Il avait tout d’un homme bon : délicat, fragile et convenable. Le tueur, maître du Verbe, habitué à enquinauder adroitement ses victimes, su rapidement gagner leur confiance. Lorsqu’il vit la petite fille du chirurgien, Grace, descendre diligemment les quelques marches d’escalier et se présenter timidement à lui pour la première fois, son âme morbide bascula de façon diabolique. Enchanté à la vue de la fillette, Barton changea rapidement de tactique et promit à l’annonceur qu’il était prêt à l’engager, puis il insista pour faire une promenade avec Grace près de la maison. Les jeunes mariés, d’abord hésitants, finirent par laisser leur fille s’éloigner avec lui, ignorant niaisement qu’ils ne la reverraient jamais vivante. L’affaire fut résolue après une huitaine par une brève mais abominable lettre écrite par le psychopathe à leur intention.

Ouvrir l'enveloppe :
 

Parce qu’il ne pouvait les partager avec d’autres personnes, Barton s’était retrouvé seul pendant de nombreuses années à ruminer ses fantasmes démiurgiques et mégalomaniaques. Lesquels fantasmes avaient peu à peu augmenté en complexité et en fréquence au fil du temps. À la poursuite de ses rêves les plus démentiels, il tenta de parfaire ce qu’il avait imaginé. Et puisque cela semblait irréalisable, puisque la perfection qu’il souhaitait apporter au monde était hors d’atteinte, il continua à tuer, à torturer, jusqu’à atteindre une forme d’autosatisfaction tout en espérant faire mieux la fois suivante. Cette insatiable soif de pouvoir et de puissance justifiait sa présence au Ritz Gotham Hôtel en cette rigoureuse matinée d’hiver.

Le tueur était accoudé au bar de l’accueil, assis sur un haut tabouret à côté de la somptueuse créature. D’un revers indolent, il balaya la mouche qui s’avançait vers le verre d’eau qu’il venait de commander. Barton ne buvait jamais d’alcool, ou tout juste une gorgée de temps en temps. Il en était dégoûté par nature. La mouche assommée avait repris sa course et amorçait l’escalade de la première table qui s’était trouvée sur son chemin. Au mur, sur des étagères boisées, derrière le bar, s’apostaient de guingois des verres et des bouteilles de différentes tailles. Le marbre au sol disparaissait ici et là sous de sombres tapis d’Orient. La cheminée dans le coin de la grande salle était plus haute que bien des hommes. Les rideaux seuls – trois mètres de velours violet foncé par fenêtre – devaient représenter plus d’argent que le maire de la ville n’en gagnait en une année. Au-dessus des quelques fauteuils confortables en cuir étaient accrochées des peintures à l’huile. Une harmonie apaisante d’instruments à cordes et de piano régnait dans la salle. Alors qu’il écoutait attentivement son discours, le cannibale se rebellait contre l’odeur insupportable du vin rouge que buvait son interlocutrice. Sa gorge se contractait sans relâche, son estomac se rebellait au fond de son œsophage et l’air devant ses yeux grouillait de points noirs. Son ultime spasme libéra une bulle d’oxygène emprisonné, et Barton eut l’impression qu’elle lui emportait une partie de la poitrine lorsqu’elle explosa hors de sa bouche. Il s’essuya le visage avec un mouchoir, nauséeux, écœuré par la senteur alcoolisée, souffrant toujours de l’impitoyable balle de fusil logée dans son dos. La double fascination qu’exerçaient sur lui la violence et l’excitation de la rencontre se lisait dans ses yeux vifs que sa mère avait un jour comparés à ceux d’un chien agressif. Barton parvenait encore à la visualiser les yeux fermés. Mais depuis quelques temps, des taches blanches lui dissimulaient certaines parties d’elle – le lobe d’une oreille, ses cils, les contours de sa chevelure. Le phénomène n’avait pas encore pris assez d’ampleur pour la masquer entièrement, mais il craignait que le temps ne la lui dérobe, qu’il ne broie peu à peu les images dans son esprit et ne les réduise à néant. Si elle avait disparu depuis de nombreuses années, elle apparaissait la nuit dans ses rêves, et il lui arrivait certains matins de penser durant plusieurs minutes qu’elle était dans la cuisine ou en train de boire son café sur le balcon de leur appartement à Plzeň. Il s’agissait d’un cruel tour de son imagination, mais Barton avait appris depuis longtemps à en accepter la logique ; le réveil s’apparentait à une naissance. Il venait au monde sans passé, reconstituait son histoire personnelle entre deux clignements d’yeux et quelques bâillements, puis remettait les morceaux dans l’ordre pour trouver la force d’affronter le présent. L’insecte doté d’une intelligence surnaturelle qui avait toujours vécu dans son cerveau jouait avec lui, rampait en lui, arrachant des câbles au gré de ses caprices.

Le tueur porta son verre d’eau à ses lèvres, but une gorgée et, le regard interrogateur, inclina son visage en direction de la jeune créature. La surprise fut de taille lorsqu’elle lui annonça qu’elle connaissait de lui les passages les plus marquants de son existence, sans véritablement l’avoir rencontré auparavant. Sa voix douce et suave mêlée à une étrange fermeté pénétrait dans ses oreilles comme le son strident d’un marteau-piqueur. Peu enclin à croire aux pouvoirs extraordinaires et surnaturels, Barton pensa d’abord à une plaisanterie, ce qui ne manqua pas de le faire sourire. Cependant, au fil des mots prononcés avec de plus en plus de conviction par la jeune femme, son visage se figea jusqu’à abandonner définitivement toute expression positive. La créature ne semblait pas badiner avec lui, et elle le paralysait. Elle savait pertinemment la raison de sa présence dans cet hôtel et n’y voyait aucun inconvénient. Pis, elle préférait l’encourager en lui proposant une aide éventuelle. La discussion devint de plus en plus intéressante aux yeux du cannibale. Elle était la première personne qui l’avait encouragé dans son travail. Il n’en fallu pas plus pour le satisfaire et se laisser abuser par les propos de son interlocutrice. Sans prêter une véritable attention aux clients de l’établissement qui circulaient à l’accueil, Barton entra de but en blanc dans le vif du sujet. Avec difficulté, la douleur au dos bien trop écrasante, il lui adressa un sourire.

Je dois avouer, mademoiselle, que vos propos me surprennent. Vous prétendez tout savoir de moi alors que nous ne nous sommes jamais rencontrés. Jamais je n’aurais pu oublier votre visage si je l’avais un jour croisé. Vous prétendez connaître mes intentions. Sachez, mademoiselle, qu’à mes yeux votre beauté n’a d’égal que votre invraisemblance. Vous m’êtes immédiatement apparue différente des autres femmes de cette ville. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me retrouve face à vous en ce moment même. Si vraiment vous disposez de tels dons, de telles facultés, prouvez-le. Faites taire la voix de l’apôtre Thomas qui résonne dans mon esprit. Guérissez la blessure qui me ronge actuellement. Si vous y parvenez, alors nous discuterons davantage à ce sujet. Si cela fonctionne, je présume que vous ne comptez pas aider le pauvre martyr que je suis sans rien attendre en retour. Cela m’intéresse beaucoup, j’aimerais savoir ce que vous souhaitez exactement.
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Scarlett Lincoln
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MessageSujet: Re: L'enfer sur Terre   Dim 14 Fév - 1:11

La méfiance... C'était justifié, compréhensible.
La femme garda le silence, faisant preuve de patience alors que son pantin l'observait, se délectait de la vision qu'il avait sous les yeux. Chaque coup d'oeil vers lui offrait à la sorcière plus d'images, plus de souvenirs... Les choses les plus marquantes, d'autres un peu moins. Mais tout avait son importance, car c'est à travers tout ces souvenirs qu'elle pouvait voir quel monstre il était... et pourquoi. Comment. C'était grâce à son passé qu'elle comprendrait son avenir. Et cet homme allait en avoir un grand... mais sûrement court. Les monstre dans son genre ne finissait jamais bien... Cette mascarade qui se répétait sans cesse, le bien qui surpassait le mal... C'est bien pour cela que gens comme elle existait. Pour garder l'équilibre. La trompe la mort qu'elle n'était pas proie du temps ni de la mort... Elle avait tout le loisir de mettre à bien ses plans, chacun de ses méfaits étaient une pièce de plus sur l’échiquier de son maître... Un jeu, tout cela n'était rien d'autre qu'un jeu.

« Ma beauté n'a d'égale que ma... vraisemblance ? Oh, croyez le... je suis bien réel monsieur Mathis. Et bien sûr que je suis différente des autres femmes... ce que je suis, même vous ne pourriez le comprendre et en saisir pleinement la signification. Je suis... »


Scarlett marqua une pause, son regard plongé dans sa boisson alors qu'un sourire étira ses lèvres coloré d'un rouge gourmand. Oui, elle était bien des choses, se décrire était d'autant plus difficile. Lentement elle pivota sur sa chaise, toujours avec cette grâce qui lui allait merveille puis reprit la parole.

« Je suis faite pour que chaque être puisse trouver en moi ce qu'il cherche, ce qu'il désir au plus profond de son être. C'est un détails subtile... délicat, mais qui attira indéniablement le regard des hommes... des femmes. Il n'y aucune distinction entre les sexes... L'amour n'a pas de limite, la passion n'ont plus.... Je peux être n'importe qui, n'importe quand... Un simple regard suffit pour que j'éveille en vous monsieur Mathis... Le plus ardent des désirs. Oh, mais vous me connaissez sans doute sous un autre nom.... Tentation. »


La femme esquisse un sourire avant de rire plus franchement. L'écho de sa voix est cristallin, délicat comme du verre. Lentement elle se hisse de sur son support, détaillant l'homme blesser avant de venir glisser ses doigts sur le col de son manteau. Quel gâchis, un si bel homme... Approchant son visage, la sorcière dépose tendrement ses lèvres sur la joue du tueur, y laissant une marque de rouge à lèvre prononcé. Sa noirceur, elle s'en délectait. C'était devenue rare, si rare... Les âmes pourris elle en voyait, mais la sienne n'était pas pourris.... Elle était juste noire... Rongé par le mal qui le gangrené, poussé vers un destin qui le rapprocherait un eu plus vers l'enfer. Lucifer saurait quoi faire de lui... On dit que la mort n'est que le début d'un long chemin. C'était bien vrai.

« Venez avec moi.... »

C'est vrai, il devrait payer. Mais pas tout de suite.... Scarlett était patiente, réclamer une âme demandait du temps, de la préparation. Elle ignora volontairement la question, se contentant de l'observer de son regard de biche avant de prendre sa main dans la sienne et de le forcer à marcher. L'ascenseur fut appelé puis le couple monta jusqu'au dernier étages, là où se trouvait les plus belles chambres. Celle du fond était la sienne, elle la louait à temps pleins depuis un sacré moment déjà. Pourtant elle n'y venait que rarement, mais c'était ça que d'avoir de l'argent à foison et surtout... D'avoir la main-mise sur le directeur de l'hôtel. Un de ces pauvres moutons. Un autre qui avait succombé aux charmes de la diablesse...

Scarlett ouvrit doucement la porte de la chambre et entra la première, observant le lieu à la décoration chic et sombre. Elle avait été jusqu'à faire redécorer complètement la pièce, pour son propre plaisir. Être égoïste était l'un de ses plus fabuleux talent. De toute façon, Lucifer l'avait fait à l'image de chacun des péchés, elle était leur réincarnation sous le plus bel atout de l'enfer. Déposant ses clés sur la table en verre, la sorcière fit quelques pas dans la pièce, s'approchant du grand lit et pivota pour faire face à Baron et désigna la couche, soufflant.

« Veuillez retirer tout les tissus qui couvre votre torse monsieur Mathis, je vais vous soigner. N'ayez crainte, cela ne prendra pas plus de quelques secondes ! »


Un étrange sourire se dessina sur le faciès de la sorcière. Lentement elle glissa ses mains sur son ventre, puis sur ses hanches pour plisser le tissus sombre de sa robe.

« faites moi confiance, je ne veux que votre bien. »



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Barton Mathis
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MessageSujet: Re: L'enfer sur Terre   Sam 5 Mar - 1:05

Sous un soleil éclatant, Barton passa derrière la grande demeure puis remonta l’allée vers la grille principale avec l’impression que la distance avait quadruplé dans la matinée. Soudain, son père émergea de l’ombre, vint se ranger près de lui et lui agrippa violemment le bras. Il avait le teint cireux, aussi lisse que s’il était verni, et vaguement translucide. Ses ongles, de la même couleur blanc jaunâtre que sa peau, étaient particulièrement longs, presque crochus, mais entretenus avec soin. L’aspect le plus troublant de toute sa personne, cependant, c’étaient ses yeux d’un bleu lustré, reflétant une troublante satisfaction. Il tenait dans sa main un lourd seau métallique débordant de pesticides et insecticides. La fin de l’hiver et la hausse des températures avaient comme chaque année chassé les rongeurs de leur cachette poussiéreuse, et la maison des Mathis s’en était logiquement retrouvait infestée.

Les rats ont quelque chose d’étonnamment majestueux, tu ne trouves pas ? De la vermine, il est vrai, mais cette façon qu’ils ont de s’asseoir sur leur arrière-train, de t’observer quand ils te savent à distance prudente, de filer à toute vitesse, de disparaître dans un trou en un clin d’œil. Ce sont des créatures exceptionnellement utiles. Il m’arrive parfois de remplacer dans mes pensées leur visage par celui d’êtres humains. Je les imagine dans un immense labyrinthe et je joue avec eux avec mes produits. Les plus faibles et naïfs disparaissent toujours en premier. Peut-être qu’un jour quelqu’un réalisera ce jeu avec de véritables humains. Crois-tu, mon fils, que chacun a le droit de penser ce qu’il veut ? C’est faux. Les hommes sont des imbéciles. Ils mangent, ils boivent, ils libèrent des gaz, ils forniquent et ils procréent – ce qui est d’ailleurs tout à fait regrettable, car le monde serait un endroit bien plus supportable si nous étions moins nombreux. Des retardés, des bâtards, des cinglés et des individus sans moralité – voilà ce que nous produisons. La souillure que nous répandons sur cette terre. Aujourd’hui, à Gotham City, ils font leur possible pour mettre les parasites au pas. Mais je vais te dire une chose : j’ai étudié la population de Gotham City, et il n’y a que des parasites dans cette ville. Des parasites blancs, des parasites noirs, des parasites qui n’ont pas encore la voix d’homme. Et non seulement il y a des parasites partout, mais en plus ils ne sont pas plus utiles que des chiens à deux pattes. Et encore, au moins les chiens sont capables de flairer une piste de temps à autre. Toi-même, tu es un parasite, mon fils. Une raclure. Je le sens. Souviens-toi toujours des chaînes que je te greffe par mes coups de ceinture. Elles sont tes amies. Je vais faire de toi quelqu’un de fort. Il est temps que je te montre ce que je prépare, et ce dont tu vas hériter.

Le père de Barton s’interrompit brusquement. Il lui semblait sentir cette chaude journée de printemps peser sur ses paupières. Son regard curieux était sans doute l’expression la plus froide que le petit garçon ait jamais vue. Inquisitrice, intelligente, farouchement impassible. Ses yeux pétillaient de malice. Ils restèrent comme cela un moment, la brise chaude circulant avec un doux bruissement parmi les arbres dont la cime dépassait du mur d’enceinte. La maison était haute et majestueuse avec des colonnes doriques blanches sur toute la largeur de la façade. Une porte cochère sur le côté. Une allée de gravier qui montait en tournant à travers une prairie d’herbe morte. Les briques des murs avaient été façonnées à la main, pétries avec la terre sur laquelle était érigée la demeure. Contre les colonnes et du haut des soffites gondolés pendaient de longues bandes desséchées de peinture écaillée. Une lampe accrochée en haut à une longue chaîne s’illuminait quotidiennement dès la tombée du jour. Barton se laissait emporter par la force de son père qui lui agrippait toujours le bras pour l’emmener à l’intérieur de la maison. Une des fenêtres était entrouverte et il en sortait un cordon qui disparaissait dans l’herbe de l’autre côté de la véranda. Des domestiques en esclavage avaient jadis foulé ces planches, portant nourriture et boissons sur des plateaux d’argent. Le petit enfant vit son père sortir un revolver de dessous sa ceinture lorsqu’il ouvrit la porte d’entrée. Elle s’ouvrit lentement sur ses massifs gonds de cuivre. Puis ils s’avancèrent dans un vaste vestibule carrelé d’un domino de marbre noir et blanc. Une large montée d’escalier. Un élégant papier sur les murs, taché d’eau et décollé par l’humidité du rude hiver qui s’était récemment achevé. Le plafond de plâtre avait gonflé et présentait de grosses boursouflures, la moulure jaunie à dentelures était quant à elle déformée et se détachait du haut des murs. À gauche, passé l’encadrement de la porte, se dressait un grand buffet en noyer dans ce qui était la salle à manger. Il y avait par terre une grosse pile de vêtements dans un coin de la pièce. Des habits et des chaussures, des ceintures, des vestes. Barton était terrifié par l’empressement de son père qui lui serrait l’avant-bras de toute sa force. Ils traversèrent le vestibule et entrèrent dans le salon avec un plafond qui avait deux fois la hauteur des portes. Une cheminée aux briques nues là où le bois du manteau et de l’entourage avait été arraché pour servir de bois de feu. Les cendres étaient froides, et il y avait ici et là des casseroles noircies. Ils prirent au fond un étroit couloir qui menait à la cuisine. Des tas de détritus jonchaient le sol. Une odeur de moisi et d’excréments s’échappait de l’évier taché de rouille. Dans le plancher de cette pièce il y avait une trappe, verrouillée avec un énorme moraillon fait de plaques d’acier empilées l’une sur l’autre. L’homme attaqua le bois autour du moraillon et réussit finalement à coincer le bout du canon de son revolver sous l’arceau et à le soulever par en dessous. Il sortit son briquet de la poche de sa chemise noire puis commença à descendre les grossières marches de bois avec son fils. Il baissa la tête et alluma le briquet, balançant la flamme dans l’obscurité comme une offrande. Une abominable puanteur accompagnait le froid et l’humidité. Barton s’agrippait à sa veste. Il apercevait une partie d’un mur de pierre, un sol de terre battue, un vieux matelas maculé de taches sombres. Il s’accroupit et descendit un peu plus bas avec son père qui tenait la flamme au bout de son bras. Au fond du couloir, la lueur révéla des individus nus et fortement amaigris. Des hommes et des femmes, tous essayant de se cacher, protégeant leur visage avec leurs mains. Au sol gisait un homme amputé des jambes jusqu’aux hanches, et aux moignons brûlés et noircis. Ils tournèrent la tête un par un vers les deux Mathis, clignant des yeux dans la misérable lumière.

Regarde ces gens, mon fils. Regarde bien. Ce sont des parasites, comme toi. En les enfermant ici, je les empêche de contaminer la terre entière. Si tu ne deviens pas fort, tu seras à leur place dans quelques années. Dieu nous a offert les tremblements de terre, les tornades. Il nous a offert toutes ces montagnes qui déversent sur nous des torrents de feu. Il nous a offert la maladie pour qu’au moment de notre agonie, nous pensions qu’Il nous a dotés d’orifices uniquement pour sentir la vie s’en écouler. Il nous a offert le désir, la fureur, et un cœur souillé pour que nous puissions répandre la violence. Il nous a offert la nature, cette meurtrière au sourire fallacieux. Tu es intelligent, mon fils. Si tu deviens fort et impartial, tu domineras la nature et la société. Tu anéantiras l’œuvre démentielle du Très-Haut. Tu feras disparaître tout ce mal et cette bêtise qui rongent l’âme de la population.

Malgré quelques secousses de protestation qui chassèrent Barton de ses pensées, l’ascenseur du Ritz Gotham Hôtel s’immobilisa, parvenu au sommet de la tour de cristal après plusieurs minutes d’élévation. Le souvenir de son père le terrorisait et il lui arrivait fréquemment de se perdre dans les eaux sombres de son passé. Le petit garçon de l’East End avait grandi dans la souffrance tant physique que psychologique, et l’innocence qui autrefois débordait de son cœur sensible avait été remplacée par une profonde haine envers l’humanité. Barton était devenu fort au fil des années, au mépris de toutes les autres valeurs bienveillantes. Il était aujourd’hui arrivé au point culminant de son existence, suffisamment séduit pour pactiser avec le démon sans en prendre véritablement conscience. La cabine s’était arrêtée à dix centimètres au-dessous du sol. Sidéré, reprenant pleinement connaissance, le cannibale regardait fixement cette dénivellation qui lui semblait porter atteinte à l’ordre naturel des choses. Il suivit l’étrange créature vers sa chambre en se raclant la gorge à plusieurs reprises, laissant s’écouler sur son visage une glaciale goutte de sueur, toujours gêné par sa blessure au dos qui lui envoyait des décharges électriques de plus en plus violentes. La moquette du couloir, moelleuse, d’un bleu profond, s’ornait d’une jungle de lianes, de guirlandes et d’oiseaux exotiques. Le Tueur aux poupées fut invité à passer la porte d’entrée de l’appartement de la jeune femme, qui était le plus éloigné de l’ascenseur, en aval d’un dédale inextricable de couloirs. Une immense pièce à la fois chambre et living s’ouvrait à lui. Malgré une lumière naturelle déjà bien présente, la mystérieuse créature trouva l’interrupteur qui alluma deux ampoules dans un plafonnier en cristal taillé. Le salon offrait une vue panoramique vers l’ouest qui lui coupa le souffle. La grande baie occupait presque toute la longueur de la pièce. Au loin, le soleil versait sa lumière dorée sur l’ensemble de la ville. Les nuages qui s’amoncelaient derrière le cirque des gratte-ciels se teignaient d’or et un rayon de lumière solitaire achevait de faire de ce paysage une vue de carte postale. Barton avait les yeux rivés sur le mur tapissé de soie à rayures blanches et rouges à côté de la porte de la chambre. Il retint à nouveau son souffle, mais ce n’était plus cette fois-ci sous l’effet de la beauté. La présence de l’étrange créature à ses côtés lui inspirait de grandes éclaboussures de sang séché, tachetées de minuscules caillots d’une substance grisâtre. Les taches suggéraient la représentation d’un visage humain, convulsé par la terreur et la douleur, bouche béante, la tête à moitié pulvérisée. L’œuvre d’une force démoniaque dessinée dans le sang. Il était désormais indéniable aux yeux de Barton que cette rencontre hasardeuse lui avait proposé un brusque virage sur le chemin cabossé de sa vie. La jeune femme ne ressemblait aucunement à toutes celles qu’il avait côtoyées, métamorphosées ou tuées jusqu’à présent. La Tentation était présente sur terre depuis la nuit des temps. Elle avait causé la chute d’Adam et Eve, transformé de l’eau en vin, un bâton en serpent. Elle avait provoqué d’incessantes guerres qui opposèrent des traîtres ou des opportunistes, avait entraîné la mort d’innombrables innocents. Aveuglé par son avidité et sa mégalomanie, le cannibale avait dorénavant l’opportunité de recevoir ce qu’il désirait le plus. La jeune femme devait néanmoins d’abord lui prouver l’étendue de son pouvoir. Même s’il était déjà très enthousiaste, Barton prenait encore beaucoup de recul sur la situation, habitué depuis l’adolescence à vivre et se débrouiller seul.

Il s’assit non sans difficulté sur le bord du luxueux lit recouvert d’épais draps obscurs, déboutonna lentement sa chemise puis la retira, révélant aux yeux de la créature la blessure profonde dans son dos maculé de sang, et les multiples bleus et cicatrices d’enfance qui avaient rongé sa peau jusqu’ici. Le sang continuait de s’écouler sournoisement le long de son dos et se déposait derrière lui sur les draps. Le tueur ne dissimulait désormais plus sa souffrance sur son visage. Il avait mal et espérait que la jeune femme puisse le guérir de sa blessure comme elle le lui avait promis. Il s’allongea péniblement, attendant désormais qu’elle intervienne.

Je suis prêt, très chère. Guérissez-moi et j’aurai foi en vous.
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Scarlett Lincoln
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MessageSujet: Re: L'enfer sur Terre   Sam 12 Mar - 14:33

Dans le silence, Scarlett observa l'humain. Son esprit revint effleurer le sien, s'immergeant dans des souvenirs malsains et dérangeants, des pensées enfouies dans les méandres de sombres ténèbres qui rongeaient Barton depuis l'enfance son père avait assurément fini en enfer... Quel être abject, même pour elle. Mais Barton lui, il était un diamant brut qu'elle avait le droit de façonner, il était si ouvert, si curieux... N'était-ce pas là l'occasion pour elle d'avoir un disciple ? En quelque sorte, ce n'est pas comme si elle comptait lui apprendre la sorcellerie... Mais plutôt de lui ouvrir les yeux sur le monde de l'occulte, les sombres secrets du monde. IL avait toutes les capacités sur cela et au fur et à mesure que l'humain déboutonnait sa chemise, Scarlett se faisait à cette idée. Oui, celui-ci ferait l'affaire, il ferait un pion merveilleux pour causer le chaos dans Gotham, inspirant crainte et dégoût là où elle ne voyait que beauté et perfection. Un très beau home qu'était Barton, même blessé et pâle, il était indéniable qu'il avait du charme. Alors qu'il s'allongeait, le regard de sorcière glissa sur les courbes de son corps masculin, suivant des yeux le dessin de sa légère musculature. Il n'avait pas gabarit d'un héros, rien à voir avec celle de Carmodi entraîne au combat depuis toujours, pourtant chez Barton, il y avait de l’élégance dans son maintien, dans sa stature. Pas frêle ni faible, pas musclé pour autant. Juste un corps agréable, en toute simplicité. La femme esquissa un sourire malicieux et croisa les bras sur sa poitrine, observant Barton avant de murmurer.

« Êtes-vous à votre aise ainsi couché ? Debout. »


Ordonna t-elle durement. Son sourire disparu et lentement, elle se pencha, saisissant la main du jeune homme et l'aide à se redresser. Allongé il était moins évidemment pour elle de le soigner, surtout vu la blessure et l'endroit qu'elle occupait. Scarlett attira doucement le criminel à elle, levant les mains pour venir prendre son visage caresser ses joues avec douceur. Il y avait tant à faire de lui, tellement... Elle imaginait déjà mille et une façons de le pousser plus loin dans sa folie, de l'aider à exprimer son art et toute l'intelligence dont la nature l'avait si généreusement gâté. Avec elle il serait en sécurité, choyé comme jamais il ne l'avait été jusqu'à présent. Une des mains de la sorcière descendit, glissant son buste, caressant sa peau longuement jusqu'à passer sur sa hanche et se fraya un chemin vers la plaie. Elle ne la toucha pas, éloignant sa paume et tout en plongeant son regard dans le sien, laissa la magie opérer. La télékinésie était de ses pouvoirs fabuleux, dure à maîtriser mais Ô combien efficace. La balle fut brutalement éjecté du dos de Barton, égalant la violence avec laquelle elle y était entrée pour atterrir dans la main de la sorcière qui referma brusquement le poing, le regardant se cambrer sous la douleur. Un rire amusé et sournois passa les lèvres de la femme qui ramena son poing vers son visage avant d'ouvrir les doigts, laissant la balle s'élever dans les airs dans une parfaite lévitation.

« Regardez Barton... C'est si petit et pourtant si douloureux, n'est-ce pas ? Cette minuscule petite chose aurait pu vous tuer... C'est comme balancer un caillou dans une mare... vous voyez les ronds qui se forment et se propage à la surface ? Eh bien c'est exactement la même chose. Cette balle, aussi mortelle soit-elle est celle qui vous a mené à moi... Je nous prédis une alliance remarquable monsieur Mathis... Vous verrez, ensemble nous ferons de très grandes choses. »

La balle se dématérialisa brusquement sous leurs yeux, explosant dans une myriade de petites pépites de métal pas plus gros que des grains de poussière brillant sous la lumière. Envolée. La main de la sorcière vint subitement empoigner le menton de son nouvel acolyte, le forçant à soutenir son regard tandis que ses ongles vernis griffaient légèrement ses joues.

« Je n'en ai pas fini avec vous Barton... Croyez-le, vous aurez foi en moi. Vous m'aimerez, me craindrez, me vénérerez... Quand votre esprit étriqué aura compris ce que vous avez sous les yeux. »

Ses doigts resserrèrent leur pression sur ses joues, forçant le Dollmaker à ouvrir la bouche. La sorcière n'attendit pas bien lentement avant d'approcher la sienne, plaquant ses lèvres sur les siennes et dans un élan de sensualité, venir caresser sa langue de la sienne. Si le baiser fut agréable et bien plus que cela, il ne s'éternisa pas. Scarlett recula légèrement le visage, aspirant de toutes ses forces la douleur et le mal provoquer par la balle. Un bruissement d'ailes assourdissant résonna dans la pièce alors qu'une multitude de petits moucherons noirs s'échappaient de la bouche de Barton, remontant le long de son gosier en provoquant terriblement une sensation d'étouffement et une douleur plus violente encire que la balle ne l'avait fait à deux reprises. D'une bouche à une autre, ce nuage de parasite se faufila dans la gorge de la femme qui elle, se délectait de ce mal comme du plus sensationnel des mets. Elle laissa chacune de ces minuscules petites bêtes glisser dans sa gorge alors que son regard d'un gris si orageux fut soudainement aussi flamboyant qu'un brasier. C'était le feu de l'enfer que l'on voyait dans ses yeux, brûlant, effrayant et captivant, un mix parfait de jaune, d'orange et de rouge alors que soudain, elle repoussa Barton d'un mouvement rapide, le faisant tomber sur le lit. La femme referma la bouche, passant ses doigts sur le coin de ses lèvres gourmandes alors qu'elle fixa à nouveau l'humain occupé à reprendre son souffle mais surtout pouvant constater une totale absence de douleur dans son dos. La plaie n'était plus qu'un vilain souvenir, seul restait le sang qui avait souillé sa peau, ses vêtements. Comment allait-il réagir à présent qu'il avait face à lui une créature dont les yeux n'avaient plus rien d'humain ? Car le flamboiement avait disparu à présent, remplacer un voile opaque. Ses yeux étaient entièrement recouverts de ce noir profond et sans vie alors que la femme recula lentement pour venir poser son séant sur le siège le plus proche, croisant les jambes sensuellement, un sourire mesquin peint sur les lèvres.

« Bienvenue en enfer, monsieur Mathis. »




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