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 Rencontre en enfer

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MessageSujet: Rencontre en enfer   Jeu 14 Jan - 22:01



❝ Rencontre en enfer ❞
Retrouvons Jaina Hudson & Barton Mathis , alors que l'horloge affiche 17h25 . Leurs routes se sont croisées à l'appartement de Jaina Hudson  et ils sont à l'abri d'une intervention du Doppelganger.


Cameron Fincher. C'était le nom qu'il m'avait donné au téléphone. Je voulais savoir qui il était, j'avais envie de le découvrir, après tout il aidait la cause animal, non ? Comme à mon habitude, je m'étais fait belle, je m'étais préparé élégamment. Mes cheveux était attachés par quelques épingles, je portais une tailleur, mais un pantalon et non une jupe, ainsi qu'un chemise. Je réajuste ma veste de tailleur avant de prendre le combiné du téléphone dans la main. Je compose le numéro d'une personne de confiance, une personne qui me fait confiance et qui tient beaucoup à cette association pour les animaux, pour les animaux errants, abandonnés, affamés …

« Allô ?

- Bonjour Kate, c'est Jaina.

- Oh oui Jaina ! Comment vas-tu ?

- Bien bien … J'ai reçu un coup de fil ce matin, assez tôt dans la matinée, un homme assez généreux compte faire un don pour l'association, il dit être souvent en contact avec les animaux et il tenait à nous aider. Ce n'est pas mal non ? Qu'en dis tu ?

- C'est même super, ça ne peut que nous aider pour notre cause. Tu le connais ?

- Non … Le nom ne me disait absolument rien, il m'a juste dit qu'il avait entendu parler de moi et de la cause que je défends pour les animaux ainsi que le nom de l'association dans laquelle je suis, enfin nous sommes.

- Oh je vois … J'espère qu'il n'abusera pas trop. C'est gentil de sa part de faire un don mais je ne veux en rien lui être redevable.

- Si jamais c'est le cas, ce sera à moi de lui être redevable puisqu'il fait le don à moi directement.

- Et je suis celle qui s'occupe de l'association, Jaina.

- Ne t'inquiète pas, je ne pense pas que ce soit ce genre de personne.

- Bon … Je te fais confiance. Je dois te laisser, je dois aller chercher ma fille. On se retient au courant plus tard. Prends soin de toi.

- Merci toi aussi, passe une bonne journée. »

Je raccroche et je pose le combiné. C'est vrai qu'elle n'a pas tout à fait tord. Pourtant, à entendre cet homme au téléphone, il parlait si bien … Il avait l'air charismatique. Je me demande à quoi il ressemblera en face de moi et s'il parle aussi bien face à face.

Je le sens pas.

Pourquoi ?

Un mec qui veut donner un don pour des animaux à une femme comme toi, ça cherche un truc derrière.

Un truc du genre ?

Un truc du genre qui se passe par derrière.

Tu es vraiment … Dégueulasse.

C'est la vérité. Si ça se trouve il a vue une jolie meuf, des seins comme des obus, un corps de rêve, un beau visage, elle aime les animaux, que c'est mignon, je vais lui montrer ma queue parce que je suis, moi aussi, une belle bête.

Tu penses vraiment n'importe quoi.

J'entends la sonnette retentir dans mon salon. Ça doit être lui et j'ai l'impression que, pourtant, je ne suis pas prête à le recevoir. Je plisse un peu ma veste, histoire que je sois bien correcte. Je passe devant un miroir, je glisse une petite mèche de cheveux derrière l'oreille et je me dirige vers la porte d'entrée. Je pose la main sur la poignée. J'espère être à la hauteur et lui montrer que l'association mérite son soutient, mérite que l'on accepte ce genre de générosité pour les animaux. J'actionne la poignée, je tire la porte vers moi et je souris à l'homme se trouvant devant moi.

« Monsieur Fincher ? Je vous en prie, entrez. »
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MessageSujet: Re: Rencontre en enfer   Mar 19 Jan - 9:02



Étendu sur son lit double face à l’autel élevé en hommage à sa mère disparue et envers qui il vouait - depuis l’enfance - un véritable culte, chemise ouverte et torse nu afin de garantir à son cycle respiratoire une activité efficace, Barton commença rapidement à perdre connaissance et à rejoindre l’univers onirique. L’anesthésiant qu’il s’était injecté sans crainte par seringue dans l’une des veines de son bras droit avait démontré en quelques secondes ses puissants effets dormitifs. Leur évidente intensité ne put permettre au tueur de résister longtemps face au relâchement de ses paupières devenues dès lors bien trop lourdes. De longues heures de sommeil s’annoncèrent tandis qu’il se noyait progressivement dans les eaux sombres et trépidantes de son inconscient. La cire des quelques bougies s’écoulait et se posait irrévérencieusement sur le meuble boisé de recueillement sur lequel celles-ci avaient été déposées quelques heures auparavant. Les flammes jaunes et remuantes peinaient de plus en plus à protéger de l’obscurité de la nuit le portrait en noir et blanc de sa mère, encore petite fille. Dehors, l’orage grondait. Les pluies abondantes et les bourrasques de vent qui résultaient de la violente perturbation atmosphérique plongeaient le logement de Barton dans un environnement profondément chaotique. Le cannibale haïssait les désordres de la nature, lui qui idéalisait sans cesse le monde absurde dans lequel il vivait. Les gouttes d’eau qui désertaient précipitamment les sombres nuages dispersés dans tout le ciel de Gotham City s’abattaient de façon brutale sur l’unique fenêtre de sa chambre à coucher. La lumière de la lune délicate et glacée d’hiver, elle, filtrait à travers les plumes de cristal du givre. Les brèves mais toutefois intenses étincelles blanches qu’offrait chacun des coups de tonnerre mettaient en évidence les nombreux portraits au fusain que le Tueur aux poupées avait dessiné et accroché sur le mur avant de s’endormir. Son indéniable talent de dessinateur lui avait toujours évité jusqu’ici d’utiliser un appareil photo pour pouvoir poser le visage de ses victimes sur la paroi tapissée. Le tourne-disque, enclenché à l’avance, propageait dans toute la pièce la douce mélodie de l’Aria de capo de Johann Sebastian Bach. Bientôt, l’ombre gigantesque du psychopathe assoupi allait passer sur les murs et sur les carrés des nombreux tableaux de styles divers et variés. Une longue, très longue journée l’attendait.

Le lendemain, à l’aube, après une nuit pleine de rêves absurdes et fragmentaires, Barton se préparait à rejoindre sa nouvelle proie, qui ne se rendait pas compte du danger qui trônait actuellement comme une auréole au-dessus d’elle. L’expérience de la nuit passée avait prouvé au tueur l’efficacité de son nouveau produit anesthésiant. Il était dès lors convaincu que la seringue avec laquelle il s’était injecté le liquide transparent pouvait devenir une arme redoutable face à sa prochaine victime. Alors que l’aiguille diamantée de la tête de lecture du tourne-disque avait déjà abandonné Bach en le laissant tourbillonner dans le vide indéfiniment, et que la fumée matinale des flammes des bougies qu’il venait d’éteindre se répandait petit à petit dans toute la chambre, Barton enfila ses habits les plus élégants. Face à sa proie, il était convaincu que sa beauté physique – additionnée avec son talent d’orateur – mettrait toutes les chances de son côté. Cet avantage considérable ne l’avait jusqu’à présent jamais trahi, bien au contraire. Le tueur contempla longuement son reflet dans le miroir crasseux de sa salle de bain, ajustant ses vêtements jusqu’à atteindre la perfection, puis s’arrêta et posa un regard agressif sur sa main droite. Une goutte de cire s’était collée et avait durci dans le mince pli de peau entre deux doigts. Il les écarta et la petite entaille blanche se fendit.

Prêt à partir, Barton remplit sa serviette non pas avec l’argent qu’il avait promis à sa victime à venir, mais avec la seringue anesthésiante, plusieurs doses du produit soporifique en réserve, ainsi qu’avec diverses petites armes blanches. Il enfila ensuite ses gants de cuir noir et sa longue veste de couleur similaire, puis se rendit jusqu’à l’entrée. La porte résista d’abord puis s’ouvrit avec un craquement voluptueux. Le gel éblouissant le frappa violemment au visage. D’épais glaçons injectés d’un bleu verdâtre pendaient aux rebords du toit de la maison. Le sombre quartier malfamé de l’East End s’ouvrait dès lors au cannibale. Au loin, les grands arbres du parc scintillaient. Portant de hautes bottes noires, sentant ses dents de devant sourdement douloureuses à cause du froid, il marcha lentement le long d’un sentier droit, le seul où la neige fût dégagée, vers le Nouveau Gotham à Midtown. Tout était presque silence, ce silence si particulier des rigoureuses journées d’hiver. Barton savourait cet instant et s’en délectait même. La bête humaine paraissait alors si calme que nul ne pouvait imaginer le mal qui régnait pourtant constamment dans son esprit. Il leva haut la jambe, quitta le sentier et, laissant derrière lui des creux bleus dans la neige, rejoignit progressivement le quartier le plus distingué et aristocrate de la ville. Le paysage miséreux était remplacé par celui des architectures colossales et des immenses gratte-ciels dont le soleil venait déjà frapper les parois de tout son éclat. La ville s’animait petit à petit. Face à cette immense fourmilière en activité, Barton préféra plonger dans ses pensées.

Jaina Hudson était tombée dans le piège du Tueur aux poupées. Elle était devenue sa nouvelle proie. Taxidermiste cruel et obstiné, désireux de trouver de nouveaux cobayes pour ses expériences démentielles, c’est en cherchant un protecteur d’animaux téméraire mais naïf qu’il était parvenu à se mettre sur sa piste. L’évidente et incroyable beauté de la jeune femme fit exploser l’esprit du cannibale au point qu’il prit la décision de considérer dès lors sa capture comme une priorité absolue. L’idée d’une métamorphose générale et totale lui traversa d’abord l’esprit, avant qu’une autre bien plus perfide ne lui fasse changer d’avis. Barton avait récemment conçu et mis au point un jeu qui réunirait, dans un monde isolé créé de toute pièce, plusieurs personnes menacées de mort qui auraient comme lourde tâche d’utiliser et d’exploiter leur instinct de survie et leurs différentes facultés physiques ou mentales pour trouver leur salut. Cette activité passionnait immensément fort Barton, toujours avide de connaissances supplémentaires en matière de comportement humain. Jaina Hudson, qui semblait éprouver en elle une ardente volonté de combativité, allait être l’une des candidates. Il ne restait plus au psychopathe qu’à l’enlever sournoisement afin de la faire participer à ses délires démiurgiques, symbole de sa mégalomanie profonde et obsessionnelle. C’est avec une fausse identité qu’il s’était présenté à la jeune femme au téléphone. Le chirurgien assoiffé de pouvoir et de puissance s’était réduit au statut banal de riche investisseur souhaitant l’aider dans son combat pour la protection des animaux en lui offrant une somme d’argent conséquente. Plus qu’intéressée, elle lui avait donné rendez-vous à son appartement en cette rigoureuse matinée d’hiver. Le loup devait se faire agneau afin de pouvoir capturer rapidement et efficacement sa proie. Il paraissait évident pour Barton que la moindre erreur lui serait fatale.

Devant la porte de l’appartement de miss Hudson, le psychopathe pressa le bouton poussoir avant de se racler la gorge, ultime baroud d’honneur de la tension qui régnait alors dans son esprit. Ponctuel, il avait respecté à la minute près l’heure de la rencontre. La jeune femme lui ouvrit rapidement et l’invita cordialement à entrer. Elle paraissait bien plus somptueuse et fabuleuse aux yeux de Barton maintenant qu’il pouvait la regarder de près et autrement que par le biais d’un dessin au fusain. Sans montrer le moindre signe dans sa gestuelle ou son attitude qui le trahirait en dénonçant ses réelles intentions, le tueur pénétra dans l’appartement de son hôte avant de lui adresser un sourire hypocrite mais toutefois intelligemment séduisant. Cameron Fincher, fruit de son invention, observa attentivement son environnement et sa proie, tel un prédateur s’apprêtant à bondir sur son prochain repas. Il tenait fermement sa serviette, prêt à utiliser la seringue anesthésiante au moment opportun.

Bonjour, mademoiselle Hudson. Je suis ravi de vous rencontrer enfin. Je dois avouer qu’il me tardait de faire votre connaissance. Nous luttons vous et moi pour la même cause, et je pense que nous trouverons rapidement des solutions qui nous permettront d’avancer plus efficacement.
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MessageSujet: Re: Rencontre en enfer   Mer 27 Jan - 15:19

Je ne l'accueil pas vraiment les bras ouverts, mais il émane un charme … Indescriptible. Il me regarde dans les yeux et je l'examine. Les cheveux plaqués, mi-longs et bruns, les yeux bruns et foncés, le visage fin et la mâchoire parfaitement rasée. Je le trouve impeccable et il est habillé élégamment. Il tient entre ses deux mains la poignée de sa petite valise, contenant sûrement l'argent qu'il doit me verser pour l'association. Je me contente de lui sourire alors qu'il me dit :

Bonjour, mademoiselle Hudson. Je suis ravi de vous rencontrer enfin. Je dois avouer qu’il me tardait de faire votre connaissance. Nous luttons vous et moi pour la même cause, et je pense que nous trouverons rapidement des solutions qui nous permettront d’avancer plus efficacement.

Je suis tout à fait ravie, moi aussi. Je dois avouer qu'il parle magnifiquement bien, à croire qu'il a parlé ainsi toute sa vie. J'ai presque l'impression de me sentir misérable face à un tel langage. Je me décale pour le laisser entrer et je referme la porte derrière nous.

« Vous pouvez retirer votre veste si vous voulez, il fait un peu chaud ici. Et je vous laisse vous installez sur le sofa, j'arrive dans un instant. »

Je me dirige grands pas dans ma cuisine, pour ne pas le faire plus attendre. Je sors d'un placard deux tasses en porcelaine que je viens poser sur un plateau d'argent. Oui je ne fais pas les choses à moitié. J'y pose en plus de ces deux tasses un bol en cristal contenant des morceaux de sucres, de plusieurs sortes, ma cafetière et quelques serviettes de papier. Je prends le plateau à deux mains et je me dirige dans le salon. Je viens poser le plateau sur la petite table basse, face au sofa, et je m'installe.

Je regarde mon hôte, je suis ravie qu'il soit là et je suis persuadée qu'il pourrait même intégré l'association. Je prends la cafetière et je sers sa tasse puis la mienne. Je le laisserai se servir comme bon lui semble. Je repose la cafetière puis je prends la tasse de café dans ses mains. Je tourne mon regard vers lui, j'ai envie de le connaître davantage. Après tout, il est si généreux et il défend la cause animale.

« Je tenais à vous remercier pour cette offre généreuse que vous faite pour notre association, c'est rare de trouver des personnes comme vous. Si vous voulez me poser une question ou même plusieurs, je serai ravie de vous répondre. »

Je le sens pas.

Pardon ?

Il … Je ne sais, je ne le sens pas c'est tout.

Tu ne le connais pas.

Toi non plus à ce que je sache ! Regardes comme il est, où est-ce que tu vois dans son allure qu'il aime les petites bêtes ? Je le vois plutôt traîner avec des rats. Moi je dis, ce mec c'est le diable.

Tu vois tout le monde comme tel.

Oui mais là j'en suis sûre. Mon intuition est bonne, mais évidemment tu ne m'écoutes jamais. 
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MessageSujet: Re: Rencontre en enfer   Jeu 11 Fév - 2:37

Pendant un bref instant, lorsque la jeune femme l’accueillit aimablement en souriant et l’invita à prendre place dans le salon, alors qu’il observait encore debout la décoration si particulière de son appartement comme un prédateur analyserait son terrain de chasse avant d’agir, Barton fut secoué par une atroce migraine qu’il dissimula péniblement sur sa figure. Il perdit momentanément miss Hudson de vue, comme si elle avait disparu derrière un voile de gaze. Il se frotta l’œil droit, mais son geste ne servit à rien, et soudain il sentit s’ouvrir sur le côté gauche de son visage un canyon rempli de lave en fusion qui prenait naissance à l’intérieur de son crâne, juste en dessous de sa raie. Au début, il crut la sensation provoquée par les hurlements de sa mère lorsqu’elle se faisait battre par l’homme qui se disait être son mari, par l’écho du vacarme terrible qui résonnait encore en lui, mais il n’y avait pas que cela : les élancements fusaient maintenant, en quelques secondes à peine, comme si on lui enfonçait lentement une dizaine d’épées dans la boîte crânienne. Incapable de réprimer une grimace, il porta les doigts à son front. Le tueur cherchait laborieusement la jeune femme du regard mais celle-ci était partie dans la cuisine. Des doigts aux ongles acérés déchiquetèrent le côté gauche de son crâne avant de déverser à l’intérieur une boîte entière de punaises. Barton siffla en aspirant de l’air entre ses dents serrées. Son estomac glissa vers ses hanches en même temps que des flammes venaient lécher les bords de la fissure dans sa tête. Une scie avait été insérée dans le canyon. Elle attaqua les plis de son cerveau, et il lutta pour refouler un hurlement tandis que ceux de sa mère rivalisaient d’intensité avec les grondements du feu. Il lui sembla sentir son souffle lui effleurer les lèvres tandis qu’il lui encadrait le visage entre ses paumes et lui caressait les tempes avec ses pouces. Elle disparut soudainement, s’évaporant entre les mains de son fils, et la migraine se dissipa ensuite presque instantanément. Les flashs de lumière, si blanche et si crue, qui lui écrasaient les paupières s’estompèrent, laissant à nouveau régner dans l’appartement une ambiance apaisante et chaleureuse. Bien qu’il se refusait à l’admettre, les effets du cannibalisme – activité qu’il pratiquait sans retenue et de façon répétée, lui faisaient découvrir progressivement les symptômes du kuru, une maladie du cerveau provoquée par une absorption trop importante de chair humaine, son corps n’étant pas véritablement programmé pour sa digestion. Barton se servit du mouchoir dans la poche intérieure de son long manteau d’hiver noir pour s’essuyer le front et la bouche avant que sa proie ne revienne près de lui, un plateau d’argent en main sur lequel était disposé un service en porcelaine.

Jaina Hudson paraissait bien petite aux yeux du tueur du haut de son mètre quatre-vingt-cinq. La couleur de son tailleur avait tout de suite accroché son regard même si, en réalité, ce n’était pas lui qui avait attiré son attention, mais plutôt la façon dont elle le portait. Nerveuse, embarrassée, elle en effleurait le tissu avec un soupçon d’appréhension. L’ajustait et le réajustait sans cesse. S’assurait que les épaulettes étaient bien en place. Elle était maigre au point de paraître émaciée, proposant cependant des formes plus que généreuses qui affriolaient intensivement Barton. Ses joues étaient légèrement creusées, presque aspirées de l’intérieur. Si elle ne ressemblait pas tout à fait aux sacs d’os et de cartilage que son père dissimulait maladroitement dans la cave durant son enfance, elle aurait néanmoins bien eu besoin de quelques bons repas. Les ombres jouant sous ses augustes yeux éclatants profondément enfoncés semblaient s’en écouler pour se répandre sur le reste de son visage. Il n’en fallu pas davantage au cannibale pour déduire de ses traits qu’elle était rongée par d’interminables insomnies ou par un effroyable secret qui bousculait son existence. Ses lèvres et son nez étaient minces, à l’image de toute sa personne, et son menton presque inexistant, comme raboté. Elle avait un sourire extraordinairement sublime, éblouissant et débordant d’une confiance qui faisait pétiller ses prunelles – un sourire dont elle se servait à cet instant même, alors qu’elle remplissait courtoisement les deux tasses de café posées sur le plateau argenté. Ce qui était cruel pour le psychopathe, et de loin, c’était la façon dont toutes sortes de choses disparates pouvaient réveiller des souvenirs de sa mère qui lui brûlaient intensément l’esprit. D’autant qu’il ne pouvait jamais prévoir d’où viendrait l’impulsion : une trace de rouge à lèvres sur un verre, un parfum agréable, une taie d’oreiller. Mais de tous ces déclencheurs, aucun n’était plus corrosif en termes d’effet que la démarche élégante d’une femme. Miss Hudson était élégante, à n’en pas douter, aussi le tueur ne pouvait que penser à sa génitrice en l’observant d’un œil vif. Le poids de son fardeau devenait bien trop lourd au fil des semaines, des mois et des années, et il tentait constamment d’atténuer ses effets en déchargeant sa haine dans la métamorphose de ses victimes, désireux d’ancrer dans l’esprit de la population une perfection contrôlable, mais qui restait toutefois utopique bien qu’il ne l’eut jamais admis jusqu’à présent. Jaina allait être sa prochaine victime, il l’avait décidé.

Barton s’approcha du bord de la table en face du fauteuil sur lequel il s’était assis et tendit le bras pour agripper sa tasse de café, gratifiant la jeune femme d’un sourire séducteur pour la remercier. Il tendit le cou pour laisser les quelques gouttes d’eau – les flocons de neige de l’extérieur qui avaient résisté jusque-là, ruisseler sur sa figure et ses cheveux. Certaines d’entre elles s’écrasèrent violemment sur le liquide noir, y faisant dès lors disparaître l’image de son visage. Il s’assit délicatement au fond du fauteuil, tenant galamment le récipient de porcelaine, conscient de la sueur qui inondait son corps sous ses vêtements élégants. Le tueur nageait dans l’euphorie. Son cœur battait toujours à grands coups sourds, ses yeux le brûlaient, sa nuque et l’arrière de ses épaules étaient parcourus de picotements, mais c’était, exception faite de l’amour, le sentiment le plus merveilleux du monde. Celui d’avoir réussi à harponner sournoisement une jeune femme pour la piéger ensuite bien plus aisément.

Il plongea son regard dans celui de Jaina.

C’est à moi de vous remercier, mademoiselle Hudson. Les citoyens de cette ville prêts à défendre la cause de nos chers animaux se font de plus en plus discrets. Ils n’ont plus le courage de s’élever contre ces diverses organisations qui nuisent à la santé et au bonheur de ceux que nous protégeons vous et moi. Il faut néanmoins admettre que notre combat a un coût non négligeable, je peux comprendre dès lors que cela puisse freiner beaucoup de défenseurs. Ce n’est cependant pas un problème pour moi. Je ne vais pas vous cacher que je dispose de réserves d’argent conséquentes. J’ai pris la décision il y a quelques années d’investir mes fonds dans cette campagne de protection. Je n’emporterai pas ma fortune avec moi dans la tombe, alors autant l’utiliser intelligemment tant que je suis vivant. Je pense que vous serez d’accord avec moi sur ce point. Nous croyons tous les deux aux mêmes choses. Lorsque j’ai consulté votre dossier dans les archives publiques de la mairie, ce qui m’a implicitement permis de me rendre pleinement compte de toute la détermination que vous avez concédé jusqu’ici à votre combat, j’ai su que vous étiez la personne que je recherchais depuis longtemps.


Le cannibale aspira lentement une brève gorgée de café pour ne pas se brûler la langue. Alors que son sourire charmeur et son discours persuasif témoignaient toujours d’une grande sympathie et d’un profond respect envers son interlocutrice, un aliéniste confirmé aurait déjà pu deviner en lisant dans ses yeux que ses réelles intentions étaient en définitive essentiellement tournées vers le sadisme et la perversité. On pouvait observer dans le marron noisette de l’iris de Barton toute la démence qui l’habitait, ainsi qu’une scène abominable où il rouait sauvagement de coups la jeune femme étendue sur le sol de l’appartement. Le jeu de séduction suivait son cours, et tandis que miss Hudson se délectait de ses paroles doucereuses, le tueur sous une fausse identité jetait de brefs coups d’œil vers la serviette posée entre ses jambes pour ne pas commettre l’erreur d’oublier la raison de sa présence.

Je dois admettre que ma vie n’a pas été un long fleuve tranquille jusqu’à présent. Je me suis, bien au contraire, débattu dans un torrent sombre et tumultueux, et j’ai dû suer sang et eau pour en arriver là où j’en suis aujourd’hui. En dehors de mon combat pour la cause animale, je dirige une banque d’affaires depuis de nombreuses années. Je déplace dans l’ombre des capitaux d’une bourse à une autre, je veille à ce que les directeurs respectent leurs engagements quant à l’équilibre des taux d’actions de leur entreprise. Je dois cependant admettre que c’est assez désagréable pour moi de devoir jouer les policiers du marché boursier. Je préfère bien largement me consacrer à la défense de nos chers amis. Je suis prêt à vous aider, ma chère. Je suis prêt à fournir à votre association des fonds suffisants pour les prochaines années, et à couvrir de ce fait le financement total de vos opérations durant cette période. Vous m’êtes tout de suite apparue sincère et dévouée. Je ne prétends pas avoir un don, mais je dois avouer que je ne me trompe que très rarement sur l’âme des personnes que je rencontre dans mon quotidien. Et vous, mademoiselle Hudson, que faites-vous dans la vie en dehors de votre âpre lutte ? Quelles actions concrètes envisagez-vous de faire à court et moyen terme ? Vos précisions m’aideront certainement à prendre une décision, bien que je sois déjà enclin à conclure une transaction financière fiable avec vous.
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MessageSujet: Re: Rencontre en enfer   Dim 6 Mar - 15:47

 Je le regarde, ses cheveux d'un brun intense, tout comme ses yeux. Son visage est fin, il prend sa tasse de café, lentement, et il me sourit, un sourire plutôt charmeur je dirai. Il semble vouloir me remercier et son sourire me laisse penser qu'il aurait l'idée de me séduire. Heureusement, je n'en suis pas atteinte, je pense beaucoup à Loonie, à ce qu'il s'est passé entre lui et moi, l'amour que je lui porte à présent mais aussi le fait qu'il me manque à chaque instant, chaque jour, chaque heure, chaque minute et chaque seconde … Mes doigts se resserrent doucement autour de ma tasse, mes ongles s'y accrochent et je sens son regard plonger dans le mien. Il ouvre la bouche, il me remercie, me parle bien. Il a une façon de parler qui est extraordinaire, il a une diction fabuleuse. Jamais on ne m'avait parlé comme tel, même pas à l'université. Il me parle de choses dont je n'avais même pas entendu parler : le fait qu'il a investit des fonds dans une campagne de protection il y a quelques années. Jamais je n'avais entendu parler de ça. Ensuite il dit que nous sommes sur la même longueur d'onde en ce qui concerne d'utiliser notre argent intelligemment, je pense qu'il a raison sur ce point. Tous les deux nous le dépensons pas dans des futilités mais nous le dépensons dans des choses concrètes pour aider les individus, les êtres vivants.

" Lorsque j’ai consulté votre dossier dans les archives publiques de la mairie, ce qui m’a implicitement permis de me rendre pleinement compte de toute la détermination que vous avez concédé jusqu’ici à votre combat, j’ai su que vous étiez la personne que je recherchais depuis longtemps. "

Je le regarde boire une gorgée de café, je suis choquée par ce qu'il vient de dire mais je tente de ne pas le montrer, je reste neutre, voir je souris un peu, même. Je regarde sa tasse, ses doigts enserrer la porcelaine.

C'est un psychopathe, il a le droit de faire ça ?

Je n'en sais rien.

Genre, le gars, il va tranquillement à la mairie et il fouille dans tes dossiers.

Il voulait peut-être s'assurer de qui j'étais, si j'étais digne de recevoir l'argent.

Un psychopathe je te dis.

Il me regarde de nouveau avec un sourire charmeur, il semble vouloir garder confiance, garder le contact avec moi, il n'a pas l'air de souhaiter perdre toute mon attention. Je lui rétorque un léger sourire puis je prend la peine de boire un peu de café. Je le regarde donner un léger coup d’œil à sa valise, contenant l'argent qu'il me doit. A-t-il vraiment envie de me l'a donner ? A quoi pense-t-il ?

Si ça se trouve, il n'y a pas de fric dans son truc.

Je lève le regard vers lui alors qu'il se remet à parler, il me parle cette fois de sa vie. Il me dit qu'il n'a pas vécu des choses faciles et ça me rappel moi. Le fait que j'ai vécu dans un bidonville, que j'ai échappé à la misère pour tout le reste de ma vie en suivant mon père qui nous a amené aux États-Unis. Il me dit qu'il dirige une banque d'affaire, il s'en est donc bien sortit. Il recommence à me parler du fait que la somme qu'il me fournit pourra financer l'association pendant des années. Je lui souris, je suis toujours ravie de son geste généreux. Je ne sais pas vraiment comment je pourrai le remercier.

" Et vous, mademoiselle Hudson, que faites-vous dans la vie en dehors de votre âpre lutte ? Quelles actions concrètes envisagez-vous de faire à court et moyen terme ? Vos précisions m’aideront certainement à prendre une décision, bien que je sois déjà enclin à conclure une transaction financière fiable avec vous. "

Je pose doucement ma tasse de café sur la table, je croise mes jambes et je pose mes mains sur mon genou, je le regarde, je lui souris doucement et je suis prête à lui parler un peu de mes projets, de ce que je fais et de ce que je compte faire.

« Je suis organisatrice de soirée, je suis toujours entourée de la haute de la Gotham mais cela me répugne de plus en plus. J'aimerai continuer un peu dans ces soirées afin de récolter de l'argent pour ensuite organiser des soirées de gala pour les gens de la haute mais pour récolter des fonds pour les associations. J'aimerai qu'ils prennent conscience de ce qu'il y a autour d'eux, qu'ils dépensent leurs argents pour les autres et non seulement pour eux et pour rien. J'aimerai beaucoup réussir cela. Comme autre projet, j'aimerai retourner en Inde pour aider les gens qui vivent dans les bidonvilles. Vous penserez sûrement que je suis folle, que c'est un projet immense et qui demande beaucoup d'argent, plus que l'on imagine, mais je suis prête mentalement et j'aimerai me préparer financièrement à faire cela. »
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MessageSujet: Re: Rencontre en enfer   Mer 9 Mar - 19:44

Barton se sentait déshydraté et vidé par ces dernières minutes de conversation. La douleur sourde qui avait pris naissance dans sa tempe gauche, juste derrière l’œil, comme si quelqu’un y pressait le dos d’une vieille cuillère, s’accentuait de plus en plus. Il était encore trop tôt aux yeux du tueur pour déterminer s’il s’agissait d’un effet secondaire mineur de la déshydratation, d’un banal mal de tête ou des premiers signes d’un trouble plus vaste [kuru] : ces migraines et hallucinations qui le harcelaient depuis plusieurs semaines et l’assaillaient parfois avec une telle force qu’elles pouvaient le priver temporairement d’une partie de sa vision, transformer la lumière en déferlement de clous incandescents, voire le paralyser partiellement pendant plus d’une journée. Dans le cas du cannibale, elles ne survenaient jamais en période de grande tension ou pendant ses opérations, mais toujours après, quand le calme était revenu. C’était en face des individus comme Jaina Hudson qu’elles lui infligeaient les pires tortures. Barton ne devait plus tarder à agir, dans quel cas ses troubles finiraient par le trahir. La jeune femme l’intriguait grandement et il concluait avec de plus en plus d’assurance qu’elle tentait de dissimuler un trouble psychotique profond. Des moues, grimaces et autres mimiques extraordinairement rapides apparaissaient sur son visage, démontrant aux yeux du tueur – maître de la psychologie moderne, qu’elle s’enlisait dans son instinct de conservation. Au-dessus de ses jeunes mais sombres cernes – presque aussi sombres que ses cheveux, ses yeux semblaient révéler une force brûlante qui cherchait à s’en extraire. Il y avait quelque chose de désagréablement familier en elle, et soudain, un souvenir revint à la mémoire de Barton – celui de sa troisième victime, une charmante demoiselle qu’il avait rencontré à la conférence annuelle des progrès de la médecine, et qui refusait toute nourriture. Assis contre un mur sous le soleil d’été, elle avait arboré une expression hantée presque similaire à celle de miss Hudson jusqu’à ce que ses paupières finissent par se fermer définitivement et qu’il ajoute son cadavre à ceux déjà entassés dans son atelier.

Il ne prêta aucune réelle attention au discours doucereux et sincère de son interlocutrice, préférant jeter quelques rapides coups d’œil non plus vers sa mallette mais vers l’unique fenêtre du salon de l’appartement, d’où lui apparaissait une nouvelle fois sa mère. Le verre ne lui offrait pas la vue à laquelle il s’attendait. Ce n’était soudainement plus celle de la neige et des gratte-ciels qui régnaient dans le quartier depuis plusieurs heures, mais celle d’une villa tchèque sous une pluie torrentielle où ils avaient séjourné autrefois. Brusquement, sa mère sortit par la fenêtre et s’approcha de lui dans le salon, révélant un ventre brûlé achevant de se consumer. Elle prenait son temps, belle, les cheveux mouillés, dégoulinants de pluie. De fines volutes de vapeur s’en échappaient. Il revoyait ses regards alanguis révélant un appétit charnel tout d’indolence. Un liquide rougeâtre jaillit de son ventre et coula sur les mains de Barton. Il vit ses doigts lui envelopper la clavicule tandis qu’elle lui offrait quelques baisers incestueux. Elle l’embrassa avec une fougue grandissante, et l’amour qu’il ressentait pour elle s’accentuait en même temps. En guise d’adieu, elle fixa son enfant d’un regard vidé de toute lueur d’espoir, résigné à ce monde. Finalement, elle disparut en laissant échapper de sa gorge une légère bulle de son – mi-soupir mi-hurlement – chargée d’une angoisse qui la rendait à la fois déchirante et sublime. Son image et son odeur se dissipèrent peu à peu, chassées par la voix enthousiaste de Jaina Hudson qui faisait part  de ses motivations. Barton se redressa en sursaut, tenant fermement sa tasse de café pour ne pas la renverser sur lui, avec le sentiment d’avoir rassemblé toutes ses forces pour s’extirper de son hallucination et le ramener à la conscience. Le jour était venu où il ne pouvait plus supporter l’absence de sa mère. Avec les années, son besoin d’elle avait grandi au lieu de diminuer, élargissant une blessure qui ne cicatriserait jamais et ne cesserait jamais de suppurer, le faisant sombrer dans la folie en laissant ses troubles le dominer. Il était censé aller de l’avant et il le savait. Il devait se remettre peu à peu de la disparition de sa mère, tourner la page. Les nombreux psychiatres qui l’avaient analysé le lui avaient dit. Pour y parvenir, il lui fallait trouver un moyen de la ranger au sommet d’une immense étagère et de la laisser accumuler la poussière dans l’espoir que cette même poussière finirait par adoucir le souvenir qu’il gardait d’elle, par voiler son image jusqu’au jour où elle lui apparaîtrait moins comme la réminiscence d’une femme ayant réellement existé que comme celle d’un rêve familier.

L’air était de nouveau immobile, l’atmosphère paisible et rythmé par les paroles de la jeune femme. Malgré des signes évidents de troubles mentaux, il émanait de Jaina une impression générale de fluidité, mouvements empreints d’une telle langueur qu’elle semblait nager dans l’air, courbes douces des lèvres et du menton évoquant de la chair juteuse. Son sourire révéla deux rangées de dents blanches d’où émergeait un minuscule et appétissant bout de langue rose. Il sentit son souffle s’insinuer dans ses narines, respirant son parfum délicat. Le tueur bu  une deuxième gorgée de café, vidant dès lors le récipient en porcelaine de tout son contenu. Il aurait dû avaler plus qu’une tasse ce matin-là. Son estomac vide gargouillait et le manque de sucre dans son sang, associé au manque de sommeil et de soins médicaux, lui donnait le tournis et faisait apparaître des taches noires devant ses yeux. Il était temps de passer à l’action. Tout devait être en place avant minuit, avant le début du jeu qu’il avait consciencieusement préparé pour Jaina et cinq autres personnalités fortes de la ville.

Je ne pense pas que soyez folle en souhaitant ardemment retourner en Inde pour venir en aide aux personnes défavorisées des bidonvilles, très chère. Ce n’est pas ce que je tire comme conclusion sur vous. Vous représentez l’espoir de cette ville, miss Hudson. Je comprends votre combat. Il représente tout un symbole, celui des valeurs humaines, des obligations morales, contre ce fléau qu’est l’individualisme que notre société nous enseigne jour après jour. Nos citoyens ne veulent plus se battre désormais, ils veulent avant tout regarder la télévision et jouer au Lotto. Je refuse de vivre dans un monde qui cultive l’apathie et qui nous la transmet comme s’il s’agissait d’une vertu. Vous et moi pouvons apporter beaucoup à ce monde. Vous me convainquez et je souhaite dorénavant vous donner les moyens de parvenir à réaliser vos ambitions. Il va de soi que je garderai un œil attentif sur vos dépenses, je pense que vous me comprenez, mais soyez assurée que vous ne manquerez de rien.

Le Tueur aux poupées croisa les chevilles, resserra les jambes et déposa sa mallette sur ses genoux. Il était hors de question que sa proie en voit le contenu, il prit de ce fait un soin tout particulier à l’ouvrir de façon à pouvoir sélectionner les objets et outils dont il avait besoin sans qu’elle puisse s’en mêler. Il choisit tout d’abord la seringue, le liquide anesthésiant à l’intérieur du tube, qu’il dissimula discrètement et rapidement sous la manche de son vêtement noir. Puis il sortit d’un dossier - qu’il avait déjà déposé il y a plusieurs jours dans la mallette, un exemplaire d’une fiche de transaction financière. Finalement, Barton se leva et s’approcha de son interlocutrice, déposant l’insignifiante feuille de papier sur la table devant elle. Il s’assit à côté de Jaina, prêt à intervenir et à s’engouffrer dans la plus petit faille qui se présenterait à lui.

Comme vous pouvez le lire, ce papier est tout à fait officiel et porte le nom de la société que je représente. Vous disposerez d’ailleurs en annexe du numéro de mon secrétariat privé. Une fois que votre signature paraphera ce contrat, vous vous engagerez à utiliser les fonds perçus dans l’investissement et le développement exclusif de projets destinés à aider les plus démunis et, en priorité, nos chers animaux. Le montant du transfert vous est indiqué en bas à droite, dans le dernier paragraphe. Je vous en épargne la lecture, je suis prêt à vous fournir très exactement quinze millions huit cent mille dollars. Cette somme sera le premier versement. Si vous respectez le contrat et que des résultats concrets apparaissent à la fin des deux premières années - nonobstant les éventuelles lenteurs  administratives, comme stipulé dans l’article trois, un deuxième montant tout aussi conséquent vous sera accordé. Je vous laisse prendre connaissance de l’ensemble du texte de l’accord, avec les amendements, que je vous propose. Je vous fournis, ma chère, une occasion de montrer au monde que vous pouvez relever énergiquement et efficacement les défis qu’il vous livre.
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